EXCLUSIF – Notre-Dame de Paris : Radio Classique en avant-première dans la cathédrale, Franck Ferrand raconte sa visite

Mario FOURMY/SIPA

La cathédrale renaît de ses cendres un peu plus de 5 ans après l’incendie qui l’a ravagée. Radio Classique vous ouvre les portes de Notre-Dame de Paris avant tout le monde. Franck Ferrand a pu visiter l’édifice, un instant magique qu’il a partagé avec les auditeurs dans le journal de 8h de Virginie Phulpin.

Franck Ferrand, racontez-nous ce moment inouï, pour vous qui êtes le premier visiteur ?

Je ne suis pas tout à fait le premier à mettre les pieds dans la nouvelle Notre-Dame, puisqu’il y a eu plus de 2000 maçons, verriers, bronziers, charpentiers, marbriers, artisans de tout corps ; les membres de l’établissement public et du diocèse bien sûr, qui depuis quelques jours que la cathédrale est prête, achevée – pour ne pas dire parachevée – ont foulé le sol en damier, ont respiré sous ces voûtes aériennes. Disons que je suis le premier visiteur extérieur de la cathédrale.

Je peux vous dire que le dixième, le millième et le millionième [visiteur] éprouveront, je crois la même émotion. Une émotion ineffable devant cette splendeur, devant cette renaissance. C’est un peu une Pâque de l’architecture que je viens de voir s’épanouir sous mes yeux. C’est la reviviscence des pierres, du verre, du bois sculpté, de l’âme de Notre-Dame.

Qu’est ce qui vous a le plus ébloui ? Est-ce que vous pouvez nous le décrire ?

D’abord la couleur, la blondeur, il y a quelque chose de miellé. La cathédrale a retrouvé une luminosité incroyable que vient d’ailleurs souligner tout le mobilier. 1500 chaises ont été signées par Ionna Vautrin, fabriquées dans les Landes, qui sont de la même blondeur que ces pierres entièrement nettoyées. Elles ont été nettoyées pour une grande partie, mais aussi reconstruites, restaurées. Vous imaginez, c’est seulement le 24 mai dernier qu’on a posé la dernière pierre de la voûte !

« On est à la fois au 12e et au 21e siècle »

C’est une cathédrale toute neuve, mais absolument dans son élan natif. On est à la fois au 12e et au 21e siècle. C’est un mélange qui peut difficilement être raconté, et tout est neuf, tout est beau, tout est d’une propreté, d’une harmonie qui fait penser à ce que voulaient les constructeurs de la cathédrale, c’est à dire une Jérusalem céleste, avec tout de même quelques petits témoignages infimes du drame épouvantable du 15 avril 2019. Dans la grande Pièta de Nicolas Coustou, ces extraordinaires statues qui sont dans le cœur de Notre-Dame, une coulée de plomb a été maintenue, laissée exprès dans la main du Christ, c’est à vous tirer les larmes.

Qui faut-il remercier pour cette merveille que vous avez sous les yeux ?

Il faut remercier tous ceux qui ont travaillé à cette reconstruction. 2000 artisans, 250 entreprises [ont participé à] sur ce chantier si exigeant que peut être celui d’un monument historique, le tout premier de France, avec en même temps l’échelle, la grandeur et le rythme d’un immense chantier de travaux publics.

Philippe Lopez/AP/SIPA

 

Il faut aussi remercier ceux qui ont permis [cette restauration] par leur générosité, grâce aux 840 millions d’euros qui ont été investis par les bienfaiteurs. 150 millions [ont été dépensés] pour la sécurisation et les premiers travaux, 550 millions pour la restauration elle-même et 140 millions pour les restaurations extérieures qui sont encore en cours.

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Si la cathédrale est impeccable, prête, finie et parachevée à l’intérieur, il y a encore un peu de travail à l’extérieur. Je voudrais aussi avoir une pensée très particulière et très émue ce matin, ce sont les pompiers de Paris qui, à l’époque, ont sauvé ce qui pouvait l’être et ont évité l’irréparable.

Virginie Phulpin

Ne manquez pas dimanche à 8h30 Bande à part, avec Guillaume Durand, consacré à la réouverture de Notre-Dame et à la musique sacrée

 

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