Laura Chaubard est diplômée de Polytechnique, X99 dit-on pour indiquer son année d’entrée dans l’école. Cette spécialiste de l’armement a aussi des compétences dans le domaine de la culture. Elle nous raconte son retour aux sources dans ce nouvel épisode de Secrets de Dirigeants.
Laura Chaubard est la première personne de sa famille à avoir « fait polytechnique » : « jamais je n’aurais imaginé revenir en tant que directrice générale », confie-t-elle. Il faut dire que l’école d’ingénieur a jusqu’ici été dirigée uniquement par des hommes, tous généraux. Or elle est colonel. Un changement au sein de la direction qui ne suffit pas. Dans le vivier de candidats, explique-t-elle, « il n’y a pas assez de femmes, et de diversité sociale ». Plusieurs mesures ont été prises depuis 10 ans pour y remédier, avec des actions dans les collèges et lycées, pour lever le mystère sur le métier d’ingénieur.
Et d’ailleurs, comment faire aimer les mathématiques aux enfants ? « Il faut montrer combien les sciences sont un domaine créatif. Les maths sont pour moi la science de l’imaginaire, un monde dans lequel on peut construire ses propres objets, ses espaces, s’y promener, découvrir, loin du chaos et des agitations du [réel] ».
De plus en plus de polytechniciens se tournent vers le service public
À titre personnel, si cette formation au sein de l’X lui a tant plu, c’est par sa pluridisciplinarité, lui permettant à la fois de mêler les mathématiques à un niveau extrêmement poussé, et l’étude de la littérature, de la philosophie, de l’anglais à haut niveau, de l’architecture et du cinéma. Malgré cela, comme toutes les écoles mettant en avant les profils de « matheux », Polytechnique a dû mal à aller au-delà de 20 à 25% de femmes parmi les étudiants.
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Autre phénomène notable au sein des grandes écoles : certains étudiants boudent les grands groupes à la sortie de leurs études, invoquant des raisons éthiques et environnementales. Laura Chaubard constate chez de plus en plus de jeunes qui passent par polytechnique « une préoccupation très forte d’avoir, dès le début de leur carrière, un emploi aligné avec leurs convictions et qui a un sens ». Elle s’en félicite, car ils se tournent souvent vers le service public, retrouvant un attrait pour le bien commun.
Céline Kajoulis
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