Le massacre du 7 octobre perpétré par le Hamas sur le sol israélien aurait fait 1200 morts, en majorité des civils. Selon l’historien Stéphane Courtois, invité de la matinale de Radio Classique ce vendredi, l’attaque du mouvement terroriste palestinien est « un cas caractérisé de cruauté en relation avec le politique ».
Dans son livre intitulé De la cruauté en politique, Stéphane Courtois s’intéresse à la manière dont la cruauté s’immisce dans le domaine politique. L’auteur retient le mot dans son sens originel et étymologique, qui évoque la « chair sanguinolente ».
Il a décidé de revisiter ce thème aujourd’hui, après avoir publié de nombreux ouvrages sur la violence des régimes communistes, « pour des raisons d’historien ». « Je patauge dans le sang depuis une cinquantaine d’années à cause de mes travaux » sourit le chercheur.
« Or, je me suis rendu compte petit à petit que mes collègues avaient une certaine réticence à parler vraiment de la cruauté, c’est-à-dire de violences sanguinaires doublées du plaisir de tuer son ennemi ».
« La violence est au cœur de l’Homme et des sociétés »
Dans l’actualité récente, les événements au Proche-Orient ont fourni un exemple d’acte de cruauté manifeste avec l’attaque perpétrée par le Hamas en Israël le 7 octobre dernier.
Selon Stéphane Courtois, il est clair « qu’un certain nombre des combattants du Hamas sont venus non seulement pour tuer, mais aussi pour torturer et prendre du plaisir » dans ces actions. Il s’agit donc pour l’historien « d’un cas caractérisé de cruauté en relation avec le politique ».
Dans son ouvrage, il rappelle qu’historiquement, la cruauté dans l’histoire va du massacre des gladiateurs dans les arènes romaines au centre d’interrogatoire des Khmers rouges au Cambodge, en passant par la guerre d’Espagne. « La violence est au cœur de l’homme et des sociétés » depuis toujours, rappelle Stéphane Courtois.
L’effacement de la mémoire, un exemple de « cruauté »
Le véritable enjeu pour toute société est de réussir à « marginaliser » suffisamment la cruauté pour maintenir une certaine cohésion. Aujourd’hui, la violence est « euphémisée » dans les sociétés « démocratiques » et n’est donc la plupart du temps plus que symbolique dans le monde politique.
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Pour Stéphane Courtois, la « cancel culture », une pratique venant des Etats-Unis qui consiste à appeler au boycott d’une personne physique ou morale ayant tenu des propos ou perpétré des actes jugés offensants, « relève complètement de la cruauté ». « Le fait par exemple d’enlever des statues efface toute une histoire, toute une mémoire » analyse l’historien.
Paul Cassedanne
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