Ils ont fait semblant de télétravailler, 12 salariés licenciés

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L’affaire, révélée par le Financial Times, fait grand bruit. Douze collaborateurs de la grande banque américaine Wells Fargo ont été licenciés pour faute grave, coupables selon leur employeur d’avoir triché en prétendant télétravailler.

Faire semblant de télétravailler, c’est tout un art : Wells Fargo explique ainsi que les collaborateurs concernés se sont organisés pour « créer l’impression d’un travail actif en simulant une activité sur leur clavier d’ordinateur. » Dans le communiqué, la direction prévient qu’elle attend de ses salariés « le respect des normes les plus élevées » et qu’elle n’accepte pas « les comportements contraires à l’éthique. » Cette décision fait donc office d’exemple. Le message à simple : gare à ceux qui s’aventureraient à les imiter.

Car il existe une panoplie d’outils professionnels pour simuler l’acte de travailler. Il vous suffit d’investiguer sur des sites comme Amazon par exemple. Très rapidement, vous tombez sur des simulateurs de mouvement de souris, de clavier, et autres ustensiles qui vont donner l’illusion à votre employeur que vous êtes en train de télétravailler.

Des logiciels espions pour surveiller les employés à distance

Pourquoi pas. Sauf que les employeurs – on l’a bien vu avec l’exemple de Wells Fargo – sont eux-aussi équipés de logiciels pour surveiller les collaborateurs qui travaillent à distance. La surveillance n’est désormais plus un sujet tabou dans les entreprises. Dans un long article le journal londonien The Times évoque cette tendance selon laquelle surveiller les salariés en télétravail est tout à fait normal. Les employeurs voient souvent d’un mauvais œil le distanciel. C’est donc à la fois un outil de surveillance et un moyen de pression, pour mettre mal à l’aise les collaborateurs et les inciter à revenir passer davantage de temps au bureau.

C’est tout à fait légal. Attention en revanche : un employeur qui surveille son salarié à son insu, c’est-à-dire sans l’en avoir informé au préalable, s’expose à de lourdes conséquences. Il est absolument illégal d’espionner un employé sans lui avoir expliqué comment il sera contrôlé et par quels outils spécifiques. Il faut donc être transparent avec les salariés.

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Selon une étude réalisée par Vanson Bourne pour l’entreprise américaine de logiciels VMWare, en France, 63% des entreprises de plus de 500 collaborateurs qui ont mis en place des systèmes de surveillance du télétravail. On se rend compte que c’est le droit du travail qui a du retard sur ces questions. « Les chartes du télétravail des organisations ne sont pas toutes les mêmes. Certaines sont très strictes. D’autres moins. Et il ne serait pas absurde de songer à la création d’un droit du télétravail », glisse d’ailleurs au Figaro Me Diane Reboursier, avocate au cabinet August Debouzy.

Quentin Périnel

 

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