Le journal londonien The Times évoque dans un long article cette tendance à surveiller les salariés qui travaillent à distance. Les employeurs voient souvent d’un mauvais œil le télétravail et sont nombreux à utiliser des logiciels espions pour mettre la pression sur leurs salariés…
The Times y voit à la fois des outils de surveillance mais aussi un moyen de pression, pour mettre mal à l’aise les collaborateurs et les inciter à revenir passer davantage de temps au bureau. Il existe une kyrielle d’outils pour optimiser la surveillance, c’est même très pointu.
Le logiciel Teramind par exemple permet de lire les courriels des employés, de regarder leur écran en direct, de consulter leur activité passée, de savoir sur quels sites web ils se trouvent, de suivre les publications sur les réseaux sociaux, et de savoir depuis combien de temps ils travaillent. Pour résumer cela permet à l’employeur de tout savoir concernant la vie de ses collaborateurs à distance.
Il est illégal d’espionner ses salariés sans les prévenir
Est-ce légal ? En théorie, un employeur qui surveille son salarié à son insu, c’est-à-dire sans l’en avoir informé au préalable, s’expose à de lourdes conséquences. Il est absolument illégal d’espionner un employé sans lui avoir expliqué comment il sera contrôlé et par quels outils spécifiques. Il faut donc être transparent avec les salariés.
Selon une étude réalisée par Vanson Bourne pour l’entreprise américaine de logiciels VMWare, en France, 63% des entreprises de plus de 500 collaborateurs qui ont mis en place des systèmes de surveillance du télétravail. C’est donc la norme ! Ainsi plus d’un employeur sur trois a déclaré exiger que ses employés apparaissent sur un flux vidéo en direct, devant leur ordinateur, lorsqu’ils ne sont pas au bureau.
Des dispositifs qui permettent d’accroître la performance et la productivité
Parfois, la réaction des collaborateurs est très hostile et cela peut se comprendre. 69% des entreprises déclarent que des salariés ont démissionné, refusant d’être ainsi surveillés.
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Côté dirigeants, 87% des entreprises interrogées ont observé que ces dispositifs permettaient d’accroître la performance et la productivité. Ils admettent également – dans 73% des cas – que cela a conduit à des licenciements lorsqu’il était avéré que des collaborateurs profitaient du travail à distance pour ne rien faire. Dans un article, Courrier International révèle le nom plutôt amusant que les Canadiens ont donné à ces outils de surveillance : les « bossware » Souriez, vous êtes fliqués !
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