La bonne humeur est elle indispensable au travail ? Épineuse question posée par Le Parisien en février dernier. Le journal a sollicité le psychologue du travail et président du cabinet Empreinte Humaine, Christophe Nguyen.
La bonne humeur au travail est vitale pour plusieurs raisons : la cohésion de groupe, l’entraide, le lien social, l’ambiance et même la performance. La productivité augmente en effet de 12% lorsque les salariés sont de bonne humeur.
Christophe Nguyen souligne que l’humour est un très bon levier, ainsi que ces moments informels où on ne parle pas que de boulot avec ses collègues. S’intéresser à eux, à leur passion est bénéfique. Entretenir la bonne humeur, en réalité, c’est même un défi pour les managers.
Positiver à tout prix produit l’effet inverse
Mais la bonne humeur n’est pas quelque chose que l’on obtient sur commande. Il n’y a rien de pire d’ailleurs que de feindre d’être heureux. La bonne humeur n’est pas une injonction, il faut pas positiver à tout prix car cela se voit lorsqu’on se force.
Et c’est un travers que l’on peut observer dans les organismes qui valorisent la surperformance. On y pratique un poker face très fort, on se voile la face en permanence et c’est un comportement coûteux émotionnellement. Subir et sourire, c’est très difficile, délétère, ce n’est pas viable. Et cela peut aboutir au burn out. Autrement dit, l’injonction à la bonne humeur produit l’effet inverse que celui escompté !
A lire aussi
La vraie bonne humeur, celle qui n’est pas feinte, comment s’entretient-elle ? Il s’agit de mettre en place des projets communs, faire des retours positifs, afficher la satisfaction des clients, développer la convivialité et l’esprit d’équipe. C’est un levier de management qui s’apprend, mais qui passe aussi par des expériences positives, collectives : réussir un challenge, féliciter lorsque les objectifs sont atteints, souligner le rôle de chacun, pas seulement celui des surperformeurs, sans oublier les gestes de reconnaissance qui vont du déjeuner ou dîner de service au team building.
Quentin Périnel
Retrouvez toute l’actualité Société