Veste « obligatoire » pour les hommes : A l’Assemblée nationale, l’heure est au resserrage vestimentaire

HARSIN ISABELLE/SIPA

L’Assemblée nationale a statué ce mercredi 9 novembre sur la tenue vestimentaire des députés dans l’hémicycle, en restaurant par exemple l’obligation de porter une veste pour les hommes. Cela n’a rien d’anecdotique.

Le Palais Bourbon revient à un peu de tradition, et beaucoup de bon sens

C’est le bureau de l’Assemblée nationale, l’instance collégiale la plus importante de la chambre basse qui a tranché. Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale et les patrons de groupe se sont donc réunis hier pour préciser la « tenue de ville » déjà exigée dans le règlement de l’Assemblée. La veste en séance qui avait été rendue facultative sous la pression des députés insoumis en 2017 est de nouveau obligatoire. Le port de la cravate n’est pas impératif mais il est recommandé. A l’inverse, le bureau a jugé utile de préciser que le port du short et du bermuda était prohibé. Pourquoi ce resserrage vestimentaire ? Parce que depuis juin, certains députés insoumis, qui adorent la provocation, se sont laissé aller à une mode de plus en plus nonchalante. C’est ce qui a poussé Eric Ciotti, questeur de l’institution, à faire inscrire la tenue vestimentaire à l’ordre du jour. Bien lui en a pris, l’Assemblée revient donc aujourd’hui à un peu de tradition et beaucoup de bon sens…

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En vociférant en tenue débraillée les Insoumis n’ont fait qu’offrir de la crédibilité à leurs adversaires du RN

Ce retour à des règles plus strictes répond indéniablement à une attente des Français. Il suffit de se pencher sur le courrier que reçoit l’Assemblée nationale quotidiennement. Nos concitoyens n’ont pas de mots assez durs contre les députés qui chahutent ou se tiennent mal. Le retour de la veste dans l’hémicycle, au fond, est une allégorie des limites de la stratégie du bazar qui a fini par se retourner contre ses adeptes, les Insoumis. En vociférant en tenue débraillée ils n’ont fait qu’offrir de la crédibilité à leurs adversaires du RN qui, eux, ont théorisé ce qu’ils appellent la stratégie de la cravate, c’est-à-dire la recherche, par tous les moyens, d’une forme de respectabilité. Hier lors de la réunion du bureau, Marine Le Pen voulait même aller plus loin et interdire les tenues avec épaules dénudées pour les femmes. Le Pen a parfaitement compris que l’enjeu des prochaines années n’était pas celui d’une fausse modernité en bermuda mais celui de la crédibilité. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle a passé un savon à ses troupes mardi en réunion de groupe après le dérapage du député Grégoire de Fournas. Si les Insoumis se plient à la règle et mettent une veste, ils arrêteront de faire la courte échelle au RN en donnant, à tort, l’impression que le parti d’extrême droite est propre sur lui.

David Doukhan

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