« Sébastien Lecornu est présidentiable, il peut faire consensus au-delà de la droite » selon Jean-Luc Barré, biographe de De Gaulle

ISA HARSIN/SIPA

La France continue de naviguer en eaux troubles. Entre crise institutionnelle et incertitudes à l’approche de la présidentielle de 2027, le climat a rarement semblé aussi instable. Invité de la matinale, Jean-Luc Barré, écrivain et éditeur, a livré une analyse de la situation politique actuelle.

Pour Jean-Luc Barré, l’origine du chaos actuel est claire : « Tout ce que De Gaulle a combattu a été restitué le temps d’une dissolution. » Il rappelle que la Ve République repose sur un subtil équilibre : « On a un dérèglement institutionnel qui est intervenu parce qu’on a décidé de contourner les institutions, d’oublier qu’on n’est pas dans un régime présidentiel, mais parlementaire qui ne peut fonctionner que s’il y a une majorité stable. La Ve République n’est pas faite pour une majorité qui n’existe pas. » L’écrivain cite une phrase du Général, considérant qu’elle s’applique toujours aujourd’hui : « Hier les Français étaient malheureux, aujourd’hui ils sont mécontents. Il y a un progrès. »

L’invité de David Abiker n’hésite pas à qualifier le Premier ministre de personnalité d’avenir : « Sébastien Lecornu est un homme de conviction, qui a des racines gaullistes incontestables à mes yeux. En apprenant à le connaître, j’ai découvert quelqu’un d’extrêmement cultivé […]. Il est drôle, il a beaucoup d’humour, il aime la vie, c’est quelqu’un de vivant mais en même temps quelqu’un soucieux de discrétion qui n’est pas dans l’égo, ce qui nous change beaucoup de la classe politique actuelle et qui a fait son travail admirablement de ministre des Armées. » Il va jusqu’à affirmer « qu’il est présidentiable. C’est un homme qui peut faire consensus au-delà de la droite. »

Un parallèle entre De Gaulle et les crises contemporaines

De Gaulle, rappelle Jean-Luc Barré, était l’homme des situations crispées, notamment lors de la guerre d’Algérie : « Les relations franco-algériennes sont empoisonnées par l’histoire parce que cette guerre a été très mal engagée. Personne n’a voulu faire un pas vers l’autre. La situation, que De Gaulle trouve en 1958, est bloquée du côté des Algériens, et du côté de la communauté française, parce que le système politique de la IVe République ne l’a pas résolu. Donc c’est autant de malentendus, autant de déceptions mutuelles. »

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Selon l’écrivain, le Général avait anticipé les dérèglements futurs : « c’était un visionnaire. Il connaissait bien l’âme de ce pays et de ce peuple. Il savait que dans les situations les plus inquiétantes, il fallait un homme providentiel. Il a surgi en 1940 et en 1958. » De plus, il considère que cet homme faisait partie de ces figures d’exception : « De Gaulle était un stratège, un tacticien, un homme qui se fait une haute idée, non pas de lui-même mais, du personnage qu’il incarne parce qu’il a réussi. Il a surgi avec Jeanne d’Arc, Napoléon, Clémenceau, il y a un moment où le dépassement de soi fait que ces gens ne s’appartiennent plus… De Gaulle ne s’appartient pas, il appartient à une certaine idée des choses désormais. »

Daphnée Cataldo

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