La scène politique française est en pleine effervescence, entre la suspension de la réforme des retraites en Conseil des ministres et l’annonce de la candidature de Marine Tondelier à la présidentielle de 2027. Invité de la matinale, Pascal Perrineau, politologue, décrypte une situation institutionnelle de plus en plus confuse.
« Quand il y a du flou, c’est qu’il y a un loup », résume Pascal Perrineau. Pour le politologue, Sébastien Lecornu fait face à une situation laborieuse : « C’est difficile pour lui d’être un Premier ministre d’un régime parlementaire dans des institutions qui restent présidentielles, où le président se vit comme un super Premier ministre. » Malgré sa perte d’influence dans l’opinion, Emmanuel Macron refuse de se cantonner à un rôle de chef de l’Etat distant. Il continue d’intervenir sur tous les dossiers, brouillant la lisibilité du pouvoir exécutif et affaiblissant la position du Premier ministre.
Pour Pascal Perrineau, l’incapacité des « représentants du peuple » à construire un consensus politique risque d’aggraver la crise. « Les débats budgétaires vont être d’une grande confusion », prévient-il. Le calendrier constitutionnel impose l’adoption d’un budget avant le 21 décembre : « sinon, le gouvernement devra passer par des ordonnances, au risque d’une motion de censure. Et ce qui était arrivé à Michel Barnier pourrait arriver à Sébastien Lecornu », ouvrant ainsi la voie à de nouvelles législatives anticipées selon le politologue.
Des partis politiques fracturées
Dans ce contexte d’usure du pouvoir et de divisions internes à la majorité, le Rassemblement national s’impose comme la principale force politique du pays. « Depuis de nombreux mois, le Rassemblement national est devenu le parti dominant, aussi bien en vue de futures législatives que d’une future présidentielle », observe Pascal Perrineau. Tandis qu’à gauche comme à droite, les divisions persistent et s’accentuent : « le Parti socialiste, comme LR, n’a pas encore de chef bien établi… Le premier responsable des socialistes, Olivier Faure, a un gros problème qui est qu’il n’a pas l’image d’un présidentiable. »
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Quant à Marine Tondelier, sa candidature à la présidentielle représente « un combat qui sera extrêmement difficile », estime-t-il. « Les Français sont plus préoccupés par la fin du mois que la fin du monde… Le discours écologiste ne semble pas être adapté aux grands défis de l’heure. Cela montre aussi que la gauche, qui cherche à se reconstruire, va au combat dans le désordre le plus complet. Il y aura certainement un candidat socialiste ou social-démocrate, un candidat écologiste, un candidat communiste, candidat LFI… Tout ça montre que la gauche reste un miroir brisé. »
Daphnée Cataldo
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