L’annonce du successeur ou de la successeuse de la première ministre Elisabeth Borne est imminente : celle-ci a été poussée vers la sortie ce lundi par Emmanuel Macron. Au micro de David Abiker, l’ex-ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine évoque des « souvenirs de tensions » et de « fébrilité relative » lors des précédents remaniements qu’il a connus.
Après un entretien hier soir avec Emmanuel Macron, la première ministre Elisabeth Borne a présenté sa démission et celle de son gouvernement, que le président de la République a acceptées. La nomination du nouveau locataire de Matignon est attendue ce matin.
Plusieurs noms circulent pour occuper ce poste : Sébastien Lecornu, Julien Denormandie, Richard Ferrand, ou plus récemment le ministre de l’Education nationale Gabriel Attal, qui apparaît comme l’actuel favori.
S’il était nommé, il deviendrait à l’âge de 34 ans le plus jeune premier ministre de la Ve République. « Serait-ce un atout ou un handicap ? » demande David Abiker à son invité Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères. « On ne le saura qu’après » tempère le diplomate.
Lors des remaniements, des « réactions humaines banales »
« Lorsque François Mitterrand avait nommé Laurent Fabius [premier ministre], il y a eu toute une communication » autour de son âge. « Certains trouvaient cela génial, d’autres que c’était dangereux, voire absurde » se souvient le haut fonctionnaire. De toute façon, « on est obligé de dire des banalités sur le sujet [des remaniements] ».
Celui qui a dû annoncer les nouveaux membres de trois gouvernements dans sa carrière politique a des souvenirs de « tension, de fébrilité relative et d’inquiétude » dans ces moments particuliers de la vie politique française.
Mais celui-ci minore l’importance de ces changements d’équipe gouvernementale. « On voit bien avec le temps que les premiers ministres sont moins importants. L’enjeu n’est pas le même qu’avant ». En réalité, lorsque les appels sont passés pour annoncer qui est reconduit et qui ne l’est pas, l’on assiste à des « réactions humaines banales », « beaucoup plus que ce que les gens croient ».
Hubert Védrine propose des portraits de « grands diplomates » dans son dernier livre
Invité à l’occasion de la sortie de son nouveau livre Grands diplomates : les maîtres des relations internationales de Mazarin à nos jours, celui qui a été successivement conseiller diplomatique, porte-parole et secrétaire général de l’Elysée sous la présidence de François Mitterrand a souhaité faire le portrait de « 20 grands négociateurs », en collaboration avec divers historiens.
Parmi les noms cités, parmi lesquels Kaunitz, Kissinger, Talleyrand ou encore Bismarck, on trouve un nom très contemporain : celui de Sergueï Lavrov, l’actuel ministre des Affaires étrangères de la Russie. Sans « défendre » la politique de l’homme, Hubert Védrine estime que c’est un personnage « utile à connaître » car on « ne peut pas avoir une vision du monde d’aujourd’hui si on se limite […] à des gens que l’on félicite ».
A lire aussi
Le livre constitue un tour d’horizon des personnages essentiels de la diplomatie mondiale du XVIIe siècle à nos jours, et non pas « un tableau d’honneur », insiste l’ancien ministre.
Paul Cassedanne
Retrouvez tous les articles liés à la politique