À Sciences Po comme à la Sorbonne, les manifestations pro-palestiniennes sont-elles le résultat d’une manoeuvre politique ?

Christophe Ena/AP/SIPA

Après les tensions à Sciences Po, c’est à la Sorbonne que des militants pro-palestiniens ont dû être expulsés. Est-on en train d’assister à la naissance d’un soulèvement étudiant ?

Un soulèvement, c’est effectivement ce que réclament et dont rêvent les dirigeants de la France Insoumise car à Sciences Po, à la Sorbonne et sans doute demain ailleurs, ce qu’on appelle un mouvement étudiant n’est qu’une manœuvre politique des amis de Jean-Luc Mélenchon.

À la peine dans cette campagne européenne, puisque la liste de Raphaël Glucksmann est créditée du double de celle de Manon Aubry, les Insoumis tentent de faire du conflit à Gaza le pivot de tout le débat politique français. D’ailleurs, celle que les mélenchonistes mettent en avant dans leur campagne n’est pas la tête de liste Manon Aubry, mais bien la militante franco-palestinienne Rima Hassan.

Gabriel Attal a demandé les évacuations

De Sciences Po à la Sorbonne, on voit des députés LFI ceints de leur écharpe, officiellement en soutien, ou plutôt aux commandes de ce qu’ils aimeraient être un soulèvement généralisé. Ces évacuations permettent à ces étudiants, qui confondent apprendre la science politique et mener des combats politiques, de jouer les victimes d’un supposé Etat répressif.

C’est à la demande de Gabriel Attal que les deux établissements ont été évacués. Le premier ministre a toujours été clair face aux dérives à Sciences Po, notamment quand cette étudiante juive avait été interdite d’amphi par des mélenchonistes pro-palestiniens. Décider rapidement les évacuations, c’est refuser que ne s’installe dans les universités françaises ce que l’on voit dans les universités américaines.

Sylvie Retailleau a félicité la direction de Sciences Po

Mais on aurait attendu de la fermeté de la direction de Sciences Po, qui a au contraire capitulé face aux exigences des bloqueurs. On l’aurait aussi attendue de la part de la ministre de l’Enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, qui a au contraire félicité la direction de Sciences Po avant de s’enferrer dans ses justifications.

La réaction de Valérie Pécresse, patronne LR de la région Île-de-France, qui a décidé de couper les crédits de la région à Sciences Po est une réaction d’indignation qui n’est pas que verbale. Elle exprime un ras-le-bol partagé par beaucoup, à commencer par des enseignants ou des acteurs de Sciences Po qui n’en peuvent plus de voir ainsi dénaturée leur école et ternie sa réputation.

Une possible mise sous tutelle

Voyez l’indignation de professeurs réputés comme Pascal Perrineau ou Gilles Kepel. Voyez la famille du grand économiste Jean-Paul Fitoussi suspendre le partenariat de sa Fondation avec Sciences Po. Voyez cette pétition pour réclamer une nouvelle direction de l’école. Voyez ces profs et élèves qui voudraient étudier et enseigner normalement.

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Le ras-le-bol face la dictature islamo-gauchiste est aussi et d’abord interne à Sciences Po. Mais l’avenir de l’école dépend aussi de décisions radicales de la part de la tutelle politique, ce qui semble être l’intention de Gabriel Attal.

Guillaume Tabard

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