Municipales à Paris : Rachida Dati devance Anne Hidalgo dans un sondage Ifop, la bataille est-elle jouée d’avance ?

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Un sondage choc, publié dans le Figaro le 3 avril, crédite Rachida Dati de 36% des intentions de votes aux élections municipales de 2026, contre 18 % pour Anne Hidalgo. 

Deux ans avant la bataille, on peut raisonnablement dire que rien n’est joué, car deux années sont une éternité dans la vie politique. De plus, les configurations ne sont pas les mêmes. Rachida Dati obtiendrait 36 % dans le cas où elle serait une candidate d’union de la majorité et de la droite. Alors qu’Anne Hidalgo, à 18%, serait à la tête de listes socialistes uniquement, les écologistes partant toujours sous leurs propres couleurs au premier tour. Les deux listes de la majorité sortante feraient au total 35 %, ce qui donnerait donc deux camps de force équivalente.

Il n’empêche ce premier sondage de l’Ifop sur Paris peut donner le sourire à la ministre de la Culture et faire grincer des dents la maire de la capitale. Le plus encourageant pour Rachida Dati est de s’être imposée en potentielle candidate d’union. Ce qui n’était pas gagné, car les électeurs de droite pouvaient lui en vouloir et les électeurs macronistes ne pas en vouloir.

Toute personnalité de la majorité présidentielle ferait moins bien

Or, l’Ifop a testé des hypothèses où LR soutiendrait une autre liste, conduite par l’élu du XVIe Francis Szpiner. Celle-ci plafonnerait à 7 % face à Dati alors que toute autre personnalité issue de la majorité présidentielle, même Gabriel Attal, ferait moins bien qu’elle et libérerait un espace substantiel, entre 13 et 15 %, à une liste Szpiner.

Du côté d’Anne Hidalgo, le plus inquiétant est de ne même plus être dominante dans son propre camp. Socialistes et écologistes sont toujours partis en listes séparées au premier tour, mais en 2014, le rapport était de quatre contre un en faveur d’Hidalgo. En 2020, il était de trois contre un, et elle est maintenant donnée à égalité avec les Verts. Malgré un total de gauche qui reste important, il y a donc un discrédit personnel de la maire sortante, qui la fragilise et peut même la conduire à s’interroger sur l’opportunité de se représenter ou non.

Les XIIe et XIVe arrondissements sont cruciaux

Si un sondage d’aujourd’hui n’annonce pas le résultat de demain, sur la base de tels chiffres, la capitale pourrait basculer si les Parisiens votaient à l’échelle de toute la ville, comme le veulent les macronistes, et pas arrondissement par arrondissement. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils veulent changer le mode de scrutin.

Avec le scrutin actuel, ce qui compte n’est pas le nombre de voix total mais la possibilité de bascule d’un ou deux arrondissement précis, en l’occurrence le XIIe ou le XIVe. Tant qu’à s’interroger sur le mode de scrutin, la question centrale devrait d’ailleurs être de se demander si l’avenir d’une capitale mondiale comme Paris ne peut se jouer qu’à l’intérieur du périphérique ou à l’échelle de toute la métropole du Grand Paris.

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Guillaume Tabard

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