Il y a friction, dans les coulisses du gouvernement, entre Gabriel Attal et Nicole Belloubet. Le Premier ministre continue de suivre le dossier de l’Education nationale comme il l’avait annoncé, mais la ministre en en titre compte bien imprimer sa marque.
C’est un rapport de force qui prospère sous les radars depuis le début, mais qui désormais apparaît clairement en observant le programme de Gabriel Attal pour cette semaine. Aujourd’hui, il préside la journée d’hommage aux victimes du terrorisme à Arras, où le professeur Dominique Bernard a été assassiné.
Il envisage également une interview dans la presse sur la laïcité, l’autorité ou les savoirs fondamentaux et jeudi 14 mars, il animera une réunion en visioconférence avec des chefs d’établissement, avant un autre déplacement consacré au « choc des savoirs ». L’occasion de rappeler que les groupes de niveaux seront bien mis en place, selon son entourage.
Groupes de niveaux ou « groupes de besoins » ?
Cette petite offensive médiatique semble chercher à marquer un territoire. Est-ce parce que Nicole Belloubet lui a coupé l’herbe sous le pied jeudi 7 mars ? Ce jour-là, elle annonçait un assouplissement dans la mise en place de ce qu’elle appelle désormais les « groupes de besoins », avec la possibilité donnée aux professeurs de maintenir des temps en classe entière.
Celle dont on doute, depuis sa nomination, de son adhésion à la ligne fixée par le Premier ministre quand il était rue de Grenelle, a donné le sentiment d’un recul pur et simple sur ce qui est pourtant l’un des marqueurs de l’éducation façon Attal. Tout cela fait un peu désordre, avec un fauteuil pour deux, voire pour trois, puisque le chef de l’État avait érigé l’éducation en domaine réservé présidentiel.
« C’est Macron qui a pensé à elle pour le poste »
A Matignon, on essaie de faire comme si tout allait bien : le président fixe le cap, le Premier ministre établit la feuille de route et la ministre l’applique, nous dit-on. Dans la pratique, les équipes d’Attal surveillent celle de Belloubet comme le lait sur le feu. Quant au locataire de Matignon, il a déjà vu sa subordonnée trois fois en tête-à-tête en à peine un mois.
Mais cette dernière n’a pas l’intention d’être privée d’oxygène. L’un de ses amis glisse d’ailleurs que « c’est plus chaleureux avec Macron qu’avec Attal parce qu’ils se connaissent mieux, d’ailleurs, c’est Macron qui a pensé à elle pour le poste ». Rien de tel que de balancer ce genre de confidence quand on veut s’affranchir de l’autorité d’un Premier ministre.
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Surtout que, selon les informations du Parisien, Nicole Belloubet figurait déjà dans la short list des potentiels ministres de l’Education en 2017 sur une idée du socialiste Michel Charasse, avant de finalement être nommé garde des Sceaux. C’est donc un tango à trois qui se danse sur le dossier de l’éducation, avec le risque de brouiller le message sur un sujet pourtant défini par l’exécutif comme la mère de toutes les batailles.
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