Gérald Darmanin pose en une de Paris Match à la manière de JFK

J.E.E/SIPA

En une de l’hebdomadaire Paris Match, Gérald Darmanin apparaît tout sourire, dans son bureau du ministère de l’Intérieur, aux côtés de ses deux jeunes fils.

Les plus observateurs reconnaîtront sur cette photo une référence évidente à ce qui fait désormais figure de grand classique de la communication politique : la pose dans le bureau en compagnie de ses enfants. Homme de dossier, toujours sur le pont, mais père avant tout. Responsabilité et sensibilité.

C’est Kennedy qui le premier avait le premier fait usage de cette subtile alchimie en posant en 1963 dans le bureau ovale, avec son fils JFK Junior. Il avait inspiré Nicolas Sarkozy, jamais avare d’un bon coup de communication, qui avait réalisé la même photo avec son fils Louis lors de son arrivée au ministère de l’Intérieur en 2002.

C’est donc un clin d’œil – franchement téléphoné il faut bien le dire – à son lointain prédécesseur que réalise cette semaine Gérald Darmanin. Cela tombe bien, le ministre de l’Intérieur ne cache pas son admiration pour ce mentor politique, dont il s’inspire donc sur la forme, mais aussi sur le fond. Comme lui, il veut reconquérir l’électorat populaire parti au Rassemblement National avec un discours de fermeté sur les questions régaliennes et une approche sociale de l’épineux débat sur le partage de la richesse.

Qui sont les prétendants à la succession d’Emmanuel Macron ?

Le problème, c’est que le ministre a beau déployer des trésors de communication sur ces sujets – en affichant par exemple son intransigeance sur Mayotte ou l’expulsion de l’imam de Bagnols-sur-Ceze Mahjoub Mahjoubi – sa crédibilité reste entachée par le regard critique de l’opinion sur l’action du gouvernement.

C’est toute la difficulté des prétendants à la succession d’Emmanuel Macron en 2027. Comment développer son identité de candidat sans être tributaire du bilan du président ? Face à ce dilemme, il y a deux options.

Celle d’Edouard Philippe, loyal mais libre vis-à-vis d’Emmanuel Macron, ce sont ses mots, qui ne cesse de s’émanciper par touches successives, jusqu’à une rupture devenue inévitable. Il émet des remarques de fond, sur la politique migratoire par exemple, mais aussi politiques, comme lors du dernier remaniement qu’il a trouvé je cite « surprenant ». Une pierre dans le jardin de son jeune successeur à Matignon Gabriel Attal, qui est justement devenu son adversaire direct.

Gabriel Attal personnalité politique préférée des Français

L’actuel premier ministre, lui, se place dans le camp de l’action, logique vu sa position, là où Edouard Philippe est désormais rangé dans le camp des alliés commentateurs. Avec un risque pour le maire du Havre : disparaître des écrans radars, malgré ses cartes postales régulières. Un sondage devrait l’inquiéter : pour la première fois, Gabriel Attal a pris cette semaine la tête du baromètre Ifop des personnalités politiques préférées des Français, détrônant Edouard Philippe, qui l’occupait depuis 2021.

Il y a un autre prétendant qui avance à pas comptés vers 2027, c’est Bruno Le Maire, qui veut se tailler un costume d’homme d’Etat. Il a trouvé son créneau, celui du père la rigueur. C’est lui déjà qui avait annoncé, sur le plateau de TF1, la hausse des tarifs de l’électricité fin janvier. En annonçant dimanche soir, sur le même plateau, un plan d’économie de 10 milliards d’euros, le patron de Bercy veut poursuivre ce chemin de vérité et peaufiner sa stature d’homme de droite résolument libéral, prêt à prendre les décisions qui s’imposent au risque de l’impopularité.

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Car c’est sur le terrain économique que la compétition va se jouer : entre un Edouard Philippe équilibriste, qui réclame de l’ordre dans les comptes sans donner de piste précise, Gabriel Attal qui cible les classes moyennes, et Gérald Darmanin le gaulliste social, Bruno Le Maire a peut-être trouvé sa carte à jouer. Reste à savoir l’abattre au bon moment.

Jim Jarrassé

 

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