PSA-Fiat Chrysler : les actionnaires approuvent la fusion, est-ce risqué pour PSA ?

Les actionnaires de PSA et Fiat Chrysler ont approuvé hier le principe d’une fusion entre les deux groupes. N’est-ce par un peu risqué pour PSA de se marier ainsi avec Fiat ?

Chrysler est le deuxième marché automobile au monde

Il est vrai que Fiat ça ne fait pas forcément rêver. C’est un constructeur dont les gammes se sont vraiment réduites. Le groupe ne fabrique même plus la Panda et mis à part la Fiat 500, on ne voit pas trop ce qu’il a à proposer. En plus c’est une marque très européenne et le groupe Peugeot Citroën et lui aussi très européen. Encore davantage depuis qu’il a racheté la marque Opel. Fiat c’est un groupe qui a première vue ressemble à un Peugeot pas très bien géré donc ce mariage peut sembler un peu bizarre.

 

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Il y a tout de même de bonnes raisons de rapprocher les deux groupes : la principale, c’est que les Agnelli qui marient Fiat à Peugeot apportent plein d’autres choses dans la corbeille de mariage. Il y a Chrysler. Et Chrysler c’est l’accès au marché américain, le deuxième marché auto de la planète. Et c’est à la fois Jeep – donc les 4×4, les SUV qui se vendent très bien – et ce sont aussi les pick-up trucks, ces camionnettes dont l’Amérique raffole et qui sont très profitables.

 

 

Carlos Tavares, le patron de PSA tente de relancer Lancia et Alfa Romeo

Et en Europe, Fiat est encore fort sur le marché des véhicules utilitaires qui est aussi très rentable. Et puis enfin, dans le groupe Fiat Chrysler il y a de belles endormies comme Lancia ou Alfa Romeo, des marques que Carlos Tavares le patron de PSA se fait fort de réveiller. Et ça sera peut-être même plus facile de donner une nouvelle jeunesse à Alfa que d’essayer de faire de DS une marque de luxe. Dans l’industrie automobile, on perd beaucoup d’argent quand tout va mal et on n’en gagne pas forcément beaucoup quand tout va bien. Et on traverse aujourd’hui une période très exigeante de rupture technologique. Il faut investir massivement dans l’électrique, la réduction des émissions de CO2, la voiture autonome. Et pour mutualiser les investissements, mieux vaut être gros et vendre beaucoup de voitures. En se mariant avec Fiat et Chrysler, PSA devient le numéro quatre mondial de l’auto et va vendre 8 millions de voitures par an. Le groupe change de dimension. Maintenant il faut réussir le mariage.

David Barroux