La fusion Peugeot-Fiat au cœur d’une enquête de la Commission européenne

La Commission européenne se dresse sur la route de la fusion Peugeot-Fiat, qui donnerait naissance au numéro quatre mondial de l’automobile. Son département chargé de la concurrence s’inquiète notamment de la position dominante qu’il occuperait sur le marché des utilitaires.

 

Peugeot-Citröen, même allié à Fiat, restera derrière Volkswagen, Toyota ou General Motors

PSA et FCA, les deux groupes qui contrôlent tout un portefeuille de marques auto comme Peugeot, Citroën, Fiat, Chrysler, Opel ou Alfa-Roméo ont prévu de fusionner pour donner naissance au numéro quatre mondial de l’automobile. Mais quand on se marie dans le monde des affaires, il faut obtenir un feu vert des autorités de la concurrence, qui cherchent à vérifier si le nouvel ensemble né de la fusion ne sera pas trop puissant, s’il ne risque pas d’être si fort qu’il pourrait tuer des concurrents ou imposer des hausses de prix qui pénaliseraient les consommateurs. 

 

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Globalement, pour ce qui est du mariage Peugeot-Fiat, il n’y a pas trop de problèmes. FCA et PSA sont puissants, mais au niveau mondial, Volkswagen, Toyota ou General Motors sont plus gros. Le souci, c’est qu’ils sont très puissants en Europe et en particulier sur le marché des véhicules utilitaires. Le mariage des deux donnera naissance au numéro un européen, avec une part de marché de plus de 30% et de plus de 40% dans certains pays comme la France et l’Italie.

 

La Commission européenne avait empêché la fusion d’Alstom et Siemens l’an passé

Du coup, l’anti-trust européen lance ce qu’on appelle une étude approfondie et va demander aux entreprises de proposer des solutions – on appelle cela des remèdes- pour que leur fusion ne limite pas trop la concurrence. Les deux groupes auraient préféré que Bruxelles valide leur mariage sans conditions, mais il y avait peu de chance. Un dialogue va maintenant s’établir avec le gendarme de la concurrence. Cela va prendre un peu de temps, mais les deux groupes l’avaient anticipé. Le plus problématique reste de savoir quelles concessions il va falloir faire.

 

 

Vendre une marque ou fermer une usine est exclu. Fermer des concessions ou retirer une marque sur un segment d’un pays, c’est possible. Fiat et PSA ont pour l’instant très envie de se marier, mais ils ne voudront pas se tirer une balle dans le pied en se rognant les ailes sur le marché des utilitaires, car c’est un de leurs points forts et c’est un marché très rentable.

 

 

Aujourd’hui, ils sont optimistes mais dans le passé il est arrivé plus d’une fois que la Commission se montre inflexible. Alstom et Siemens ont ainsi dû renoncer à leur fusion dans le ferroviaire, il y a un an. On n’en est pas encore là, mais la pression vient quand même de monter d’un cran.  

 

David Barroux