5 milliards d’euros de pertes : y aura-t-il un plan de sauvetage pour la SNCF ?

Les pertes explosent à la SNCF . Estimées à 5 milliards d’euros, elles devraient encore se creuser dans les mois à venir. Les réservations de billets sont faibles, les TGV devraient rouler presque à vide cet été, alors que les coûts de maintenance et de fonctionnement devraient, eux, se maintenir.

 

La SNCF annonce des taux de réservations dans ses TGV à 20% de la normale en juillet et 5% en août

Sur les six premiers mois de l’année, la SNCF va perdre plus de 5 milliards. On se disait que notre champion du rail devait prendre un nouveau départ cette année, avec un nouveau patron et un Etat généreux qui vient de reprendre plus de 35 milliards de dettes. Mais tout a déraillé. Il y a eu les grèves contre la réforme des retraites.

 

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Cela semble loin mais quand les trains ne roulent pas parce que les cheminots sont en grève, les pertes se creusent. Depuis, il y a eu le confinement. Quand les trains ne roulent pas parce qu’on est tous confinés, les pertes explosent. En fait, le Covid et une grève ce n’est pas du tout pareil. Après une grève, on revient assez vite à la normale.

 

 

Avec le Covid, la sortie du tunnel sera beaucoup plus lente et progressive. Il y a une forme d’appréhension qui incite peu les gens à reprendre le train. Et puis, on ne sait pas trop ce qu’on va faire cet été. Normalement, en juillet et en août, les TGV qui sont la vache à lait du groupe sont pleins mais là, les réservations sont très faibles. 20% pour juillet et 5% de la normale en août.

 

La SNCF ne devrait pas obtenir de plan de soutien massif comme le secteur automobile et de l’aérien

Tout cela, alors que la SNCF a doublé le nombre de billets à petits prix. Du coup, le risque c’est que la SNCF fasse rouler de plus en plus de train à vide. C’est un terrible effet de ciseaux car si les trains repartent, la facture d’électricité va rebondir, il faudra payer les droits de passage sur le réseau, il n’y aura plus de chômage partiel. 

 

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Bref, les coûts repartent mais pas les recettes. C’est très inquiétant car au-delà du conjoncturel, il y a aussi des évolutions structurelles. Si on télétravaille plus demain, si on fait plus de visio-conférences dans un monde post-covid, on prendra peut-être aussi moins le train du quotidien comme les TGV.

 

 

Comme la SNCF vient déjà d’être aidée par l’Etat, cela va être dur d’obtenir un plan de sauvetage comme pour l’auto ou l’aérien. Enfin, la SNCF a déjà prouvé que quand tout allait mal, elle avait du mal à se réformer. La fin d’année s’annonce donc très difficile.  

 

David Barroux