BP mise sur la fin du pétrole cher à partir de 2021

Bernard Looney, le numéro 1 de BP, prédit que le baril de brent va se stabiliser à 55 dollars entre 2021 et 2050. Mais la baisse des profits pour les compagnies devrait réduire la recherche de nouveaux gisements. L’offre devrait donc diminuer d’ici quelques années et les prix remonter.

 

Avant la crise du coronavirus, BP tablait sur un baril autour de 70 dollars

Ne vous réjouissez pas trop tôt. Cela va encore coûter un peu d’argent de faire le plein. Mais le patron du premier pétrolier britannique a été obligé de l’admettre hier : le cours de l’or noir, qui a bien chuté pendant la crise du coronavirus, ne remontera peut-être jamais jusqu’au ciel. Le pétrole va encore coûter un peu d’argent mais selon BP, le cours moyen du baril de brent devrait être 55  dollars entre  2021 et  2050.

 

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Alors qu’avant la crise, BP misait sur un baril autour de 70  dollars. Cela fait donc une sacrée différence, surtout par rapport aux prévisions d’il y a une dizaine d’années, puisqu’avant la crise de 2008, on nous prédisait un pétrole à 200 dollars le baril. L’histoire du pétrole a prouvé que les cours étaient très volatils et prédire l’avenir des prix de l’or noir reste aussi difficile que de prédire le futur du coronavirus. Mais si le patron de BP pense que c’est la fin du pétrole cher et ce n’est pas sans raisons.

 

 

La mésentente entre les pays producteurs mais aussi les politiques écologiques font chuter les prix

Déjà, le cours du pétrole s’est écroulé de moitié depuis le début de l’année, à cause de la crise économique qui pèse sur la demande. Mais aussi à cause des querelles entre les pays producteurs, comme l’Arabie Saoudite et la Russie, qui n’arrivent pas à s’entendre pour vraiment réduire la production. Du coup, il y a trop d’offre au moment où la demande s’effondre.

 

 

Si ce phénomène est conjoncturel, il ne disparaîtra pas rapidement pour autant. Cette situation est de nature à peser longtemps sur la demande et les prix. Enfin, dans plein de pays, les gouvernements veulent accélérer la transition écologique. On promeut la voiture électrique, les renouvelables, la taxe carbone… Tout cela joue contre le pétrole.

 

 

Ceci dit, soyons prudents. Si les cours restent bas, les pétroliers vont ralentir leurs investissements dans l’exploration de nouveaux puits, l’exploitation du gaz de schiste va régresser aux Etats-Unis et donc dans quelques années, l’offre va se réduire. Si à ce moment la demande repart, les prix pourraient flamber à nouveau. Le patron de BP se sera trompé mais si ses profits explosent, ses actionnaires ne lui en voudront pas trop.  

 

David Barroux

 

Ecoutez 3 minutes pour la planète de Baptiste Gaborit, consacré à l’annonce du pétrolier BP :