Apple visé par deux enquêtes pour non-respect des règles de la concurrence

La Commission européenne s’attaque à Apple, qu’elle avait déjà menacé d’une amende de 13 milliards d’euros pour sa politique d’optimisation fiscale. Cette fois, l’autorité européenne lance deux enquêtes afin de s’assurer que le fabricant de l’iPhone respecte les règles de la concurrence.

 

Spotify accuse Apple de favoriser la vente de son propre service de musique, Apple Music

La Commission européenne avait déjà demandé à Apple, il y a quelques années, de rembourser treize milliards d’impôts, en estimant que l’Irlande avait injustement favorisé l’inventeur de l’iPhone. A présent, ce ne sont pas des questions de fiscalité qui font réagir la commissaire à la Concurrence. Ce que la Commission veut vérifier aujourd’hui en ouvrant une enquête, c’est qu’Apple n’abuse pas de sa position dominante. 

 

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Car le groupe est à la fois un fabricant d’objets et un vendeur de services. Il fait à la fois du « hardware » et du « software ». C’est le mariage d’un bien, l’iPhoneet de services comme son app store, le magasin d’applications, ou le service de paiement Apple Pay. Ce que la Commission veut vérifier, c’est qu’Apple n’abuse pas de sa force sur le marché du terminal pour écraser ou limiter la concurrence dans le marché des services.

 

 

L’exemple le plus parlant, c’est dans la musique. Spotify propose ses services via des iPhones et l’app store. Mais, ils sont aussi en concurrence avec le service Apple Music. Ce que dit Spotify, c’est qu’Apple favorise son propre service.

 

Apple se défend de toute faute, en arguant avoir créé un écosystème et être contraint de se rémunérer

En plus, il taxe Spotify injustement car quand on s’abonne à ce service de musique via son iPhone, Apple prélève une commission mensuelle de 15 à 30%. Dans les paiements, c’est un peu pareil. Le téléphone devient un terminal de paiement sans contact. Le risque est qu’Apple nous oblige à utiliser ses services financiers. En gros, la société pourrait limiter nos choix par intérêts pour elle.

 

 

La menace de la Commission n’est pas à prendre à la légère car elle a prouvé qu’elle ne plaisantait pas. Elle a tous les géants américains de la tech dans le viseur et là, elle s’intéresse à un élément essentiel qu’est la profitabilité d’Apple. Car demain, pour gagner de l’argent, Apple compte autant sur les ventes d’iPhones que sur la vente de services.

 

 

Le groupe se défend en disant qu’il a créé un écosystème, qu’il doit bien se rémunérer et qu’il est loin de taxer tous les services qu’il offre. Mais comme la marque est très riche et non européenne, il va falloir qu’Apple arrive à convaincre la Commission. Sinon, elle risque une amende mais surtout, un changement des règles du jeu.  

 

David Barroux