L’Opéra de Dijon met fin à 12 ans de collaboration avec les Dissonances, David Grimal dénonce une « interruption brutale »

L’Opéra de Dijon a mis fin à 12 ans de résidence artistique des Dissonances. La fin d’une association fructueuse pour l’institution bourguignonne comme pour le collectif de musiciens. Son créateur et directeur, le violoniste David Grimal, veut alerter sur l’avenir des orchestres indépendants fragilisés, notamment par la crise sanitaire.

Le concert d’adieux que devaient donner les Dissonances à Dijon le 26 juin a été annulé « de manière inattendue »

Alors qu’il pensait faire ses adieux au public dijonnais à la tête des Dissonances après 12 ans de collaboration avec l’Opéra de Dijon lors d’un concert le 26 juin sonates et partitas de JS Bach), David Grimal a appris, avec étonnement, au mois d’avril que cette représentation était annulée. Le violoniste, créateur et directeur artistique, de l’ensemble, en résidence à Dijon depuis 2008, paie-t-il là sa proximité avec l’ancienne direction de l’institution (Laurent Joyeux remplacé par Dominique Pitoiset en janvier 2021) ?

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Quoiqu’il en soit, pour David Grimal « L’interruption brutale de cette résidence déstabilise encore davantage le projet des Dissonances. Il nous faut désormais nous réinventer et retrouver la fertilité de nouveaux ancrages territoriaux ». Le directeur artistique de ce collectif unique, composé de musiciens français et européens (solistes, musiciens d’orchestres et jeunes musiciens ), en profite pour tirer le signal d’alarme sur la situation précaire et l’avenir incertain des ensembles indépendants, particulièrement fragilisés par la période de crise sanitaire.

David Grimal a demandé à rencontrer Roselyne Bachelot

David Grimal souhaite rencontrer la ministre de la Culture pour lui exposer son point de vue, lui demander si « Les orchestres indépendants sont considérés comme une variable d’ajustement ou s’ils sont un lien crucial avec les territoires » et de mener (avec les responsables de salles) « une réflexion globale sur le paysage musical français afin d’identifier la place des orchestres indépendants dans le patrimoine culturel national et de prendre en considération le fait qu’ils font travailler beaucoup de jeunes musicien(ne)s qu’il convient d’encourager et de protéger ».

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Concernant l’avenir des Dissonances, David Grimal ne cache pas son inquiétude. Si l’avenir de la collaboration avec la Philharmonie de Paris semble confortée par son futur (novembre 2021) nouveau directeur Olivier Mantei, qualifié d’ « interlocuteur bienveillant », le collectif, qui fait travailler une centaine de musiciens et 4 personnels administratifs permanents, cherche aussi à se construire ailleurs. Cet été on retrouvera les Dissonances pour 2 concerts (Stravinsky, Enescu, Ravel et Bartok) au Festival Enescu à Bucarest (16 et 17 septembre).

Philippe Gault

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