Julien Bayou appelle à « abolir le nom » des rues célébrant « des négriers »

Julien Bayou était l’invité de la matinale de Renaud Blanc vendredi 12 juin. Le secrétaire national d’Europe Écologie Les Verts a jugé, face aux rumeurs, que la démission d’Emmanuel Macron « serait assurément une bonne nouvelle ». Il a critiqué que l’Etat « arrose les entreprises sans contre-parties » vers une transition écologique. Interrogé sur le racisme dans la police, il a estimé que l’on « ne peut pas dire que ce sont des cas isolés ». Il a également appelé à « abolir le nom » des rues donné en France en hommage aux figures du commerce d’esclaves.

 

Julien Bayou a salué les « mots très forts » d’Emmanuel Macron durant son allocution à la mi-avril

« Sa démission serait assurément une bonne nouvelle ». Selon une information du Figaro, Emmanuel Macron aurait émis l’hypothèse, en privé, de démissionner pour convoquer des élections présidentielles anticipées. Une théorie depuis réfutée par l’Elysée. « Démissionner pour tenter de se faire réélire en pariant sur la faiblesse des opposants, je réponds : nous serons prêts », a assuré Julien Bayou, incapable pour autant de préciser quel serait le candidat d’EELV dans de pareilles circonstances. « Si nous votions dans trois mois, nous choisirions rapidement notre candidat. Chez nous, ce sont les adhérents et adhérentes qui décident », a-t-il indiqué, sans mettre en avant la tête de liste des élections européennes Yannick Jadot, pressenti pour être à nouveau le candidat du parti pour les prochaines présidentielles.

 

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De la prise de parole dimanche d’Emmanuel Macron, Julien Bayou en attend l’exposé d’une vision « à 30 ans » pour la France, sur le modèle de l’allocution du chef de l’Etat du mois d’avril. « Il avait eu des mots très forts, qui disaient : il faut sortir la santé et l’environnement du tout marché », a-t-il salué, avant de cibler sa politique, celles de François Hollande et de Nicolas Sarkozy « vis-à-vis de l’hôpital », qui auraient « affaibli nos réponses » face au virus.

 

La plus vive des critiques du secrétaire général d’EELV a visé les aides publiques aux secteurs économiques en difficultés, dont ceux l’automobile et de l’aérien.

 

Elisabeth Borne occupe « presque un emploi fictif », pour Julien Bayou

« On arrose les entreprises sans contre-parties », a-t-il fustigé, appelant à un « New Deal » à la française. Julien Bayou souhaiterait que l’Etat dépense plutôt pour la rénovation thermique des « 8 millions de passoires énergétiques » du pays, pour créer de « l’emploi local » et « non-délocalisable ». Une politique qui n’est pas celle soutenue par le gouvernement. La ministre de l’Ecologie, Elisabeth Borne, n’y a apporté jusqu’à maintenant une voix dissonante.

 

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C’est pourquoi Julien Bayou jugeait hier chez nos confrères de Public Sénat que « dans ce gouvernement, ministre de la Transition écologique, c’est presque un emploi fictif »« C’est un peu dur mais elle est pleinement informée », a précisé le conseiller régional d’Île-de-France au micro de Renaud Blanc ce matin. En 2008, nous avons déversé à fonds perdus, notamment auprès des constructeurs automobiles, pour avoir derrière des délocalisations, des pertes d’emplois, du diesel… »

 

 

« Je ne comprends pas que mes impôts servent à licencier des gens », a-t-il critiqué, faisant référence aux restructurations à venir chez le constructeur Renault. 

 

« Notre devise « Liberté Egalité Fraternité » est entachée » face au racisme dans la police, selon Julien Bayou

Pour Julien Bayou, Emmanuel Macron devra aussi développer dimanche sa position vis-à-vis des accusations de racisme dans la police ; « une trahison de l’universalisme républicain » pour le chef de l’Etat, qui a rendu publiques certaines déclarations tenues mercredi en Conseil des ministres. « Notre devise « Liberté Egalité Fraternité » est entachée, quand des noirs et des arabes, perçus comme tels, n’ont pas la même liberté de circulation » que les autres, a-t-il déclaré, dénonçant les contrôles au faciès.

 

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Mardi, Julien Bayou participait à une manifestation en hommage à George Floyd, durant laquelle des slogans anti-policiers ont été remarqués. J’ai alors ressenti « une profonde indignation », a assuré le secrétaire général d’EELV.

 

 

« Il ne s’agit pas de casser la police. Il s’agit d’expliquer qu’il y a une grande partie des policiers et des policières qui font leur travail de manière digne, et qui sont salis par des comportements racistes ».

 

Julien Bayou veut « abolir le nom » des rues donné en hommage à des figures du commerce des esclaves

En début de semaine, un groupe Facebook comptant plusieurs milliers de policiers membres, et sur lesquels s’échangeraient des propos racistes, a été mis au jour. Pour Julien Bayou, c’est la preuve que l’on « ne peut pas dire que ce sont des cas isolés ». Face aux dégradations et destructions de statues de personnalités ayant défendu la colonisation ou l’esclavage à travers le monde, Julien Bayou a appelé à faire « évoluer » la mémoire collective.

 

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Mais il a reconnu la difficulté de l’exercice, face aux dimensions multiples de certaines personnages historiques. « J’ai de l’admiration pour Churchill, c’est un héros. Il a aussi accompagné des massacres et la colonisation », a-t-il ainsi expliqué.

 

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Il a néanmoins appelé à « abolir le nom » des rues donné en hommage à « des négriers », des figures du commerce des esclaves, sur la façade atlantique de la France ; « une bonne manière d’assumer ce lourd passé français », à ses yeux.

 

Nicolas Gomont

 

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