Hommage à Adama Traoré : « Je n’ai pas du tout justifié cette manifestation », assure Didier Guillaume

Didier Guillaume était l’invité de la matinale de Guillaume Durand lundi 8 juin. Le ministre de l’Agriculture s’est défendu d’avoir « justifié » l’hommage à Adama Traoré, chez nos confrères de Sud Radio, en estimant que « cette manifestation était incroyable ». Il a ciblé « les militants communautaristes » qui voudraient « le délitement de la République ». En outre, il a aussi indiqué travailler « sur des exonérations de charges » et « des aides » pour soutenir l’agriculture après la crise du coronavirus.

 

« Il y a eu un emballement. J’ai dit que cette manifestation était incroyable » , s’est défendu Didier Guillaume en référence à l’hommage rendu à Adama Traoré

« L’heure est grave ». Interrogé par nos confrères de Sud Radio il y a quelques jours, Didier Guillaume disait comprendre la « manifestation incroyable » organisée par le comité de soutien à Adama Traoré à Paris mardi dernier. Une sortie interprétée par certains comme un soutien apporté à un événement non autorisé par la préfecture, durant lequel des slogans anti-police et des attaques contre certains membres du gouvernement ont été proférés.

 

 

« Je n’ai pas du tout justifié cette manifestation », a-t-il assuré. « Il y a eu un emballement. J’ai dit que cette manifestation était incroyable. Avoir 20.000 personnes qui comme cela se rassemblent, il fallait le prendre en compte », s’est défendu le ministre de l’Agriculture, soulignant que cette « manifestation était interdite ».

 

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« Dans ce pays, on dit que la police est raciste, qu’il y a un racisme d’Etat. C’est absolument honteux », a-t-il dénoncé, solennel. Il a toutefois nuancé ses propos en indiquant que « des actes » racistes peuvent être commis par des policiers, sans qu’il s’agisse d’une tendance systématique. « Aujourd’hui, la police est républicaine. Il y a des policiers qui ont du mal à rentrer dans certains quartiers. La société est violente, hystérique. Il faut apaiser ».

 

 

« Au moment où il y a eu ce virus, nous étions en train de gagner la partie économique », pour Didier Guillaume

Le ministre de l’Agriculture a dit « comprendre qu’il y ait des jeunes qui peuvent se sentir stigmatisés » mais a critiqué les militants qui voudrait causer « le délitement de la République ». La « France est une République une et indivisible. Que les militants qui sont communautaristes entendent cela. La France ne fléchira pas et ne sera pas fébrile », a-t-il prévenu, faisant un lien entre la crise économique et la dénonciation des violences policières. « La France est en fragilité parce que les gens sont en fragilité. Au moment où il y a eu ce virus, nous étions en train de gagner la partie économique : les impôts avaient baissé, la dette avait baissé, la prime d’activité avait augmenté… », a-t-il regretté.

 

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Outre une crise économique, le confinement a aussi entraîné des bouleversements structurels dans le secteur agricole. Les paysans ont durant cette période augmenté le prix de leurs produits et souhaiteraient à présent maintenir ce niveau de rémunération. Didier Guillaume avait donc irrité un certain nombre d’agriculteurs en indiquant vouloir que les prix des produis français s’alignent sur ceux du marché mondial. « Il faut pouvoir faire en sorte que les Français puissent acheter des produits qui ne sont pas beaucoup plus chers que s’ils viennent de l’étranger« , avait-il déclaré chez nos confrères de Sud Radio.

 

 

« Nous travaillons sur des exonérations de charges, des aides » pour soutenir l’agriculture, a indiqué Didier Guillaume

Ce matin, au micro de Radio Classique, le ministre a semblé faire machine arrière. « Nous ne concurrenceront jamais les produits qui viennent de loin. Je me bats depuis les Etats généraux de l’alimentation pour qu’il y ait une juste rémunération pour les agriculteurs. Aujourd’hui, il y en a qui crèvent parce qu’ils ne gagnent pas assez leur vie. Il faut absolument que les prix soient rémunérateurs », a-t-il expliqué, appelant à ce que « l’agro-écologie soit la règle de notre agriculture ».

 

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En attendant un retour à la normale, la dirigeante de la FNSEA, Christiane Lambert, a demandé au ministre de subventionner certaines filières en grandes difficultés, comme l’horticulture ou la bière. Une exigence à laquelle Didier Guillaume n’a pas souhaité clairement se soumettre. « Nous travaillons sur des exonérations de charges, des aides… »

 

 

« Je travaille depuis 3 mois avec l’ensemble des filières, j’ai des visio-conférences cet après-midi avec la filière bière, pommes de terre, cidre… Il faut que ce soit des réponses mesurées », a-t-il conclu, soulignant que les entreprises agricoles avaient déjà bénéficié des « aides horizontales », comme le chômage partiel.

 

Nicolas Gomont

 

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