Lubrizol : « La réaction a été rapide », se défend Emmanuelle Wargon après les critiques du Sénat

Emmanuelle Wargon était l’invitée de la matinale de Renaud Blanc vendredi 5 juin. La secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’Ecologie a jugé que « la réaction a été rapide et l’incendie contenu » à l’usine Lubrizol, alors qu’un rapport du Sénat critique l’action de l’Etat dans la catastrophe. Elle a aussi critiqué la volonté d’entreprises d’alléger les normes environnementales, « le socle sur lesquelles on doit construire ». Pour les municipales, elle a déclaré que « s’il n’y a pas de rapprochements, c’est parce que les écologistes ne veulent pas ».

 

Après l’incendie de l’usine Lubrizol, les contrôles des sites Seveso ont été renforcés, s’est défendue Emmanuelle Wargon

« Le risque zéro n’existe pas ». Alors que la commission d’enquête du Sénat a remis son rapport sur l’incendie de l’usine chimique Lubrizol de Rouen, survenu le 26 septembre 2019, Emmanuelle Wargon n’a pas exclu qu’un pareil incident se reproduise à l’avenir. La secrétaire d’Etat à l’Ecologie a toutefois assuré avoir « renforcé les contrôles sur les sites, dits Seveso ». « Personne ne peut dire : plus d’accident n’est possible. Je rappelle qu’il n’y a pas eu de victimes à Lubrizol, pas eu de morts, pas de blessés. La réaction a été rapide et l’incendie contenu ».

 

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Le rapport des sénateurs étrille lui l’action des pouvoirs publics, « toujours pas en mesure d’apporter de réponses sur les conséquences sanitaires et environnementales » de l’accident, alors que la population craint les conséquences à long terme des retombées d’hydrocarbures et de fibrociments émis par l’usine. « Je suis assez d’accord pour dire que la culture du risque n’est pas assez répandue en France », a concédé Emmanuelle Wargon, qui voudrait s’appuyer sur l’Education nationale pour l’inculquer.

 

 

« On a un peu tendance à faire le dos rond et à penser que cela n’arrive qu’aux autres. Face à des grands phénomènes climatiques – crues, épisodes cévenols – on a besoin de s’adapter plus et réagir plus vite ». La secrétaire d’Etat veut aussi mener une politique « de proximité » pour sensibiliser les populations vivant à côté de zones à risques.

 

« Les Français ont pris conscience pendant le confinement de la fragilité de la planète », selon Emmanuelle Wargon

Face à la crise économique, plusieurs chefs d’entreprises ont prié la ministre de l’Ecologie, Elisabeth Borne, de revoir ou d’ajourner la mise en application de normes environnementales, souvent coûteuses à mettre en place. Une demande dénoncée ce matin par Emmanuelle Wargon. « Les normes sont le socle sur lesquelles on doit construire ».

 

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« Je connais beaucoup d’entreprises prêtes à s’engager et qui comprennent que le climat, que l’environnement, ce n’est pas négociable », a-t-elle martelé, se réjouissant que la population se préoccupe davantage d’écologie. « On sent que les Français ont pris conscience pendant le confinement de la fragilité collective ; de la fragilité de santé mais aussi celle de la planète. Il faut saisir cette opportunité ».

 

 

Un opportunité qui pourrait se concrétiser avec l’application des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, imaginée par Emmanuel Macron suite à la crise des Gilets jaunes. Ces propositions seront remises après une dernière réunion des participants les 20 et 21 juin prochains et devaient être soumises au Parlement.

 

Les propositions de la Convention citoyenne pour le climat seront prises « très au sérieux », assure Emmanuelle Wargon

Emmanuelle Wargon n’a pas confirmé que cette promesse du président serait tenue. La secrétaire d’Etat a seulement indiqué qu’elles seraient prises « très au sérieux » et feraient l’objet d’une « synthèse » par le Conseil économique, social et environnemental et seront « reprises pour le plan de relance » de l’économie. Face aux alliances de La République en Marche avec Les Républicains pour les prochaines municipales, et l’absence de rapprochements significatifs avec les écologistes, certains observateurs y voient une volonté politique de ne pas mettre la protection de l’environnement au cœur de l’acte III du quinquennat d’Emmanuel Macron.

 

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« Il existe des cas dans lesquels LREM se tourne vers les écologistes, a assuré Emmanuelle Wargon, qui a cité l’exemple de Villiers-sur-Marne. Parfois, s’il n’y a pas de rapprochements, c’est parce que les écologistes ne veulent pas », s’est-elle défendue, déclarant pour conclure soutenir le mécanisme de taxe carbone aux frontières de l’Union européenne. L’initiative, notamment portée par le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton, permettrait de financer le plan de relance européen toujours en discussion.

 

Nicolas Gomont

 

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