Ecologie : Elisabeth Borne réplique aux patrons la pressant d’alléger les normes

Elisabeth Borne a écrit à 90 grands patrons pour leur demander d’agir concrètement pour l’environnement.  Certaines entreprises et fédérations avaient tenté ces dernières semaines de faire pression pour alléger ou reporter l’entrée en vigueur de certaines normes environnementales.

 

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Le MEDEF a envoyé une lettre à Elisabeth Borne pour demander un moratoire sur les mesures écologiques

Le député Matthieu Orphelin, ex-membre de La République en Marche, dénonce la pression qu’ont mis des patrons sur le gouvernement pour alléger les normes environnementales. Comme la ministre de l’Ecologie, Elisabeth Borne, il a lui aussi envoyé un courrier. C’était le mois dernier, à plusieurs organisations patronales, et il pointe du doigt des actions coordonnées et très discrètes. « On a aussi dans ce moment de crise des réactions de certaines fédérations professionnelles, comme le MEDEF, qui voulait mettre la pédale douce sur les réglementations ou les engagements écologiques déjà pris », dénonce t-il. 

 

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Matthieu Orphelin fait référence notamment à cette lettre envoyée par le MEDEF à la ministre Elisabeth Borne et dans laquelle l’organisation patronale demandait un moratoire sur la mise en place de mesures environnementales. Par exemple, sur la mise en place des zones à faibles émissions pour lutter contre la pollution de l’air ou sur la loi contre le gaspillage et pour une économie circulaire.

 

 

Selon l’ONG Zero Waste France, certains acteurs veulent « rejouer le match » de la dernière loi environnementale

« Cette loi était particulièrement visée, explique Laura Chatel de l’ONG Zero Waste France. Quelque part, c’est logique, puisque c’est la dernière loi environnementale publiée le 15 février. Il y a encore des décrets d’application en cours de négociation et un certain nombre de choses votées n’ont pas été digérées. Il y a donc une volonté de certains acteurs de rejouer le match »Le ministère confirme avoir reçu de nombreuses demandes de la part d’entreprises concernant notamment l’entrée un vigueur le 1er janvier prochain d’un premier plan de réduction de l’usage des plastique à usage unique.

 

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Du côté des industriels, on se défend de toute volonté de revenir sur une loi déjà votée. « Il n’en a jamais été question », selon Jean Martin, directeur général de la fédération de la plasturgie et des composites. « Nous n’avons à aucun moment demandé le décalage de la mise en place de la loi. Ce que nous avons demandé, c’est que ces décrets fassent l’objet d’une consultation suffisamment longue pour que les entreprises puissent y être associées, alors qu’elles ont d’autres priorités en ce moment »

 

 

Les constructeurs automobiles français soutiennent les normes, car ils ont investi « des milliards » pour les respecter

Le groupe des constructeurs automobiles européens a quant à lui demandé à Bruxelles un délai pour l’application des nouvelles normes de réductions des émissions des voitures. « Ce n’est pas le cas pour les Français », assure François Roudier, porte parole du CCFA, le comité des constructeurs français de l’automobile. « Nous avons investi des milliards d’euros dans le développement de voitures 100% électriques ou hybrides rechargeables ».

 

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« Nous sommes maintenant en phase de commercialisation et nous voulons donc le maintien de cette norme ». Alors, la ministre Elisabeth Borne demande à 90 grands patrons de s’engager ; des dirigeants, qui plaidaient au début du mois dans une tribune pour une relance verte de l’économie. La ministre évoque un rendez-vous à venir pour annoncer des premiers engagements concrets.

 

Baptiste Gaborit

 

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