Pollution de l’air dans les écoles d’Ile-de-France : les enfants en danger ?

Ce sera l’un des enjeux des municipales, la pollution de l’air près des écoles. A Lyon, à Paris, à Marseille, des actions se multiplient ces dernières semaines sur ce thème. Reportage hier dans une école du XXe arrondissement de Paris, où des parents mènent des actions sur cette question de la qualité de l’air.

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Une pétition en ligne pour inciter les maires à prendre des mesures

Les parents d’élèves de la capitale se mobilisent contre la pollution de l’air à l’approche des municipales. C’est notamment le cas de Sandra, venue chercher sa fille à l’école. Mais avant, place à un atelier pochoir sur les trottoirs devant l’établissement. « On est en train d’écrire au sol à la bombe de peinture « Enfants en danger, Pollution ». Comme ça les gens en marchant verront le message. » Sur les portes, des affiches sont placardées : « Attention, école » avec des masques à gaz. Des tracts sont aussi distribués aux parents d’élèves et renvoient à une pétition en ligne lancée par l’association Respire à l’approche des municipales.

 

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Un appel au maire ou au futur maire en somme, pour protéger les enfants. « Il faut se mobiliser parce que l’on est toujours en train de dire que c’est très pollué. On constate mais après on ne fait rien, même si ce n’est pas que de notre ressort », reconnait Sandra. A 50m de cette école se trouve la rue de Bagnolet ; rue très passante de l’est parisien. Si la vitesse est limitée à 30 kilomètres/heure, le trafic est incessant. Devant l’école, les autres parents sont réceptifs à l’initiative et aussi très inquiets. « On est à 50m d’une rue assez étroite où la circulation est incessante, entre 8h et 10h le matin et entre 17h et 19h le soir. C’est infernal », déplore un père de famille.

 

La chasse aux voitures est lancée rue de Bagnolet

« J’ai vu qu’il y a avait pour projet de piétonniser les abords des écoles. Après je ne sais pas si c’est évident de bloquer la circulation à un moment donné de la journée », explique un autre. Du côté des enfants, difficile de se rendre compte de la pollution invisible. Mais pour ceux qui viennent en vélo comme Daphné, il y a tout de même trop de voitures. « A cause des voitures, de la pollution, des camions, avec des gens aussi qui fument la cigarette, on sent beaucoup la pollution ».

 

 

A quelques jours des municipales, Sandra comme les autres parents d’élèves espère bien peser sur l’élection et imposer au futur maire des actions concrètes. « Nous ce que l’on demande, c’est à la mairie du XXe de piétonniser davantage les abords de l’école, que le trottoir soit plus large et que la rue de Bagnolet soit à sens unique. Après, c’est à la mairie de mettre en place les choses ».

 

Les enfants plus vulnérables à la pollution

Plus d’une trentaine d’écoles parisiennes ont participé ces derniers jours à cette mobilisation, soutenue par la FCPE et l’association Respire. Association, qui avait publié l’an dernier une cartographie de la pollution dans les établissements scolaires de l’Ile-de-France. Résultat, les normes légales ne sont pas respectées dans près 1/3 des écoles selon Olivier Blond, président de Respire. « Paris est une zone extraordinairement dense avec un trafic routier important ».

 

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« C’est ce trafic qui va amener la pollution aux portes de l’école, donc parfois à l’intérieur. Evidemment, cela a des conséquences pour les enfants. Ils sont plus petits, donc plus près des pots d’échappements et respirent plus vite. Tout cela fait que les enfants sont particulièrement vulnérables à la pollution de l’air. » Respire milite pour des mesures urgentes près des écoles, qui comprennent de la végétalisation, des rues sans voiture – ce qui existe par exemple en Belgique – et une circulation coupée aux heures de pointe.

 

Baptiste Gaborit

 

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