Jacques Chirac était un président proche du peuple français

Au programme de la revue de presse de David Abiker, les hommages au président Jacques Chirac. Ce matin Jacques Chirac est à la une de l’ensemble des quotidiens de la presse internationale.

Le président Jacques Chirac était un animal politique français

Un destin français pour les dernières nouvelles d’Alsace et le Télégramme, une vie politique pour les Echos, le destin d’un conquérant pour Point de vue et une certaine idée de la droite pour l’Humanité. Et vu de l’étranger toujours plus distancier, Chirac c’est un animal politique débordant de charme et d’énergie pour le Financial Times, Caméléon politique pour le New-York Times qui souligne traduit Courrier International sa capacité à ajuster ses politiques en fonction de ce que voulaient les électeurs ». Les Anglais du Guardian ne peuvent pas s’empêcher une vacherie rapporte encore Courrier International « sa présidence a été marquée par l’inaction et l’immobilisme politique et il a laissé à son successeur une France tout aussi divisée, accablée par la dette, les inégalités et le chômage qu’au début de son mandat, le caractère débonnaire de l’ancien président a fait de lui un des retraités de la politique les plus populaires de France”

 

 

 

Jacques Chirac : un président proche du peuple français

C’était l’homme qui aimait les gens pour le Dauphiné Libéré. C’était nos années Chirac titre Marianne avec tendresse. Pour Match c’était le bien aimé, c’était encore le Grand Jacques pour Libération Champagne. Un homme sans sans Chichi pour l’Indépendant Catalan et Libération. Vous aurez ce matin l’embarras du choix pour revoir le film d’une vie. Dans tous les magazines des portfolios du plus beau gosse de la Ve République. Chirac au pas de course sur le tarmac d’un aéroport à la une de l’Obs, Chirac en famille, en vacances, Chirac clope au bec, Chirac au comptoir, Chirac devant une assiette de Charcuterie. Chirac au Musée, Chirac au Sumo.

 

 

 

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Quel était le rapport de Jacques Chirac à la spiritualité ?

Même derrière le Chirac intime, on se demande qui il était vraiment. On le saura peut-être en lisant La Croix et son rapport à Dieu « Je suis de ceux qui nourrissent un espoir pour après la mort » confie-t-il en 1987 mais le quotidien Catholique résume ainsi le rapport de Chirac à la spiritualité : « il aura toujours montré son attachement à l’Eglise tout en entretenant une insatiable curiosité pour le bouddhisme ou le judaïsme ».

 

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Les confidences de l’ancien président Jacques Chirac

« Je ne suis pas quelqu’un qui pense à la mort » cette formule vous la lirez dans le Figaro qui publie ce matin les bonnes feuilles d’ici c’est Chirac, livre de Jean Luc Barré qui paraîtra la semaine prochaine et où le président livre ses dernières confidences. « Sarkozy, il n’osait pas m’affronter en tête à tête » « Je n’ai jamais été de droite ». On lira aussi cette confidence « Si les gens pensent que je suis inculte, c’est qu’ils ont quelque part raison, pourquoi devrais-je les démentir puisque j’ai tout fait pour qu’ils le croient ». Un Chirac qui évoque aussi le sens de sa vie et qui peut surprendre « Je me suis souvent dit que j’aurais pu faire autre chose, quelque chose de différent et de meilleur. Mais enfin c’est fait on ne va pas s’en mordre les orteils ».

 

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Quel est le bilan de Jacques Chirac ?

Sur le bilan de Chirac, lisez donc la Croix ce matin et l’entretien fleuve de l’historien Jean-Pierre Rioux qui voit dans Jacques Chirac le dernier grand homme politique à l’ancienne. A cette question que restera-t-il de Jacques Chirac, l’Historien répond ceci. « Principalement deux choses. La première c’est le courage qu’il a incarné pendant la guerre d’Irak en 2003 face au bellicisme américain. La seconde c’est sa personnalité Singulière en politique. Sa découverte des civilisations premières tranchait avec son image de candidat buldozer. En clair Chirac c’est une équation rare voire impossible en politique, la Corrèze, le terroir, Paris dont il fut maire et une vision internationale planétaire.

 

 

Que va-t-on retenir de Jacques Chirac ?

On pourrait aussi se demander ce que retiendra la génération qui n’a pas pu voter Chirac, puisque trop jeune ou née ensuite. Eh bien cette génération elle porte des tshirt Chirac. Comme il y a la nostalgie Pompidou pour les quinquagénaire, il y a la nostalgie Chirac de ceux qui déjà porte des t-shirt Chirac commandé sur internet. Chirac clope au bec, Chirac qui danse le mia, Chirac avec la couronne de fleur polynésienne autour de la tête, Chirac à la cool dans l’avion avec ses pantoufles et son masque de voyage et Chirac le beau gosse dirait mes filles. Ce qui explique cette reprise de la fameuse sortie de Chirac a Jérusalem. « It is not a method » dit-il aux services d’ordre israélien, « do you want me to come back in my plane », vous voulez que je reprenne l’avion ? que je rentre chez moi ? « and come back to my country ? » Cette sortie est devenue culte. Tellement culte que le chanteur funk Guillaume Farley en a tiré une chanson. C’est finalement ce que la génération de nos enfants gardera de Chirac, l’histoire d’un mec cool qui a dit un jour la maison brûle et do you want me to come back in my plane…

 

 

David Abiker

 

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