Fermeture de Fessenheim : Que deviendront les salariés et sous-traitants ?

Fessenheim est définitivement débranchée. La doyenne des centrales nucléaires françaises a été déconnectée cette nuit du réseau électrique, après 43 ans de service. Quid désormais de la reconversion du site et du territoire ? Les élus parlent déjà de trou d’air économique.

 

Claude Brender, le maire de Fessenheim dénonce l’impréparation de l’Etat dans ce dossier

Claude Brender est le maire de Fessenheim, cette commune du Haut-Rhin de 2500 habitants. Il y a chez lui la tristesse de voir la centrale s’arrêter, mais aussi la peur du vide et la colère. Il pointe du doigt l’impréparation de l’Etat dans ce dossier, expliquant « on perd de l’emploi, alors qu’il n’y a aucune suite industrielle sur le site ».

 

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Il y avait en 2017 à Fessenheim encore 730 salariés, 300 sous-traitants, mais il n’y a selon lui aucune perspective d’emploi à court terme. Plusieurs projets ont pourtant été lancés il y a des mois, celui notamment d’un technocentre EDF pour retraiter les déchets de faible radioactivité, ou encore l’aménagement d’un site, Eco Rhena, pour attirer des entreprises dans les énergies renouvelables ou le stockage d’électricité. Une entreprise vient de se manifester, Européenne de biomasse, qui veut produire des granulés de bois à Fessenheim. Son objectif est d’ouvrir sur le site Eco Rhena en 2023 une usine de 125 000 tonnes minimum, et donc des emplois à la clé.

 

 

L’Etat a investi 35 millions d’euros pour la revitalisation de Fessenheim

Le projet est salué par le ministère de la Transition Ecologique, également par le maire Claude Brender. Mais il faudra attendre, dit-il, au moins 3 ans pour voir arriver cette entreprise, ou une autre d’ailleurs. Et puis la reconversion du territoire est aussi une reconversion fiscale. La communauté de communes recevait jusque là plus de 12 millions d’euros de la part d’EDF, une manne financière qui va progressivement s’éteindre.

 

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Or l’Etat demande toujours à Fessenheim de verser près de 3 millions d’euros au Fonds national de garanties individuelles des ressources, « ce n’est pas acceptable », selon Claude Brender. Le gouvernement de son côté rappelle que l’Etat a déjà investi 35 millions d’euros pour la revitalisation du territoire, et que le reclassement des salariés d’EDF est en bonne voie,avec 60% des dossiers réglés.

 

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Baptiste Gaborit

 

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