Découvrez où se trouve cette Américaine qui joue La suite pour violoncelle n°1 de Bach

Ruth Boden, professeure de violoncelle américaine, s’est lancée dans un défi personnel. Son objectif : gravir le sommet d’une montagne de l’Oregon pour y jouer un morceau de musique en parfaite communion avec la nature. Un voyage périlleux…

 

Son aventure a fait l’objet d’un court-métrage

« Ce que je suis en train de faire est clairement de la folie ». Pourtant, le défi qu’a relevé Ruth Boden, professeur de violoncelle à la Washington State University, n’a rien d’irrationnel. Il est seulement épuisant physiquement.

 

La violoniste a dû transporter sur son dos son instrument, mais aussi une tente et des vivres pour plusieurs jours.

 

Persuadée que l’émotion qu’un instrumentiste peut transmettre aux spectateurs dépend de sa condition émotionnelle et physique, elle s’est lancée dans une éreintante expédition au cœur de l’Oregon, un Etat du nord-ouest des Etats-Unis, connu pour ses chaînes montagneuses et son parc naturel de Crater Lake.

 

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« J’espère jouer au sommet de la montagne », explique-t-elle à des randonneurs médusés, qui comme elle, arpentaient les chemins escarpés et pentus de l’endroit. Son ascension, elle a choisi de la filmer en intégralité grâce au réalisateur Gavin Carver, qui l’a suivie tout au long du périple.

 

« Un voyage riche en émotions »

Une façon d’immortaliser l’instant qu’elle a vécu, puisqu’il ne laissera nulle autre trace. « Il n’y a pas de programme de concerts, pas de talon de tickets à conserver en souvenir », regrette-t-elle au deuxième jour de sa randonnée. Elle, qui joue aussi du jazz et même du rock, aime détailler la relation qu’elle entretient avec la Terre et les éléments, qui joueraient un rôle clé dans la qualité de sa musique. 

 

L’Oregon est réputé pour ses chaînes de montagnes. Le point culminant de l’Etat domine à 3427 mètres.

 

« C’est juste quelque chose de différent lorsqu’on y ajoute un cadre de jeu bien réel, physique et après avoir vécu un voyage un riche en émotions ». Après plusieurs jours d’efforts et malgré un lourd chargement à transporter – bien que son violoncelle semble être en fibre de carbone, un matériau très léger – elle réussit son pari et grimpe au sommet de la montagne.

 

Des conditions de tournage difficiles

Loin d’être vêtue d’une tenue formelle de concert symphonique, elle se met à jouer la première suite pour violoncelle de Jean-Sebastien Bach, assise sur un tabouret pliant de camping, la tête recouverte d’une casquette et les yeux masqués par des lunettes de soleil.

 

Tous les spots sont bons aux yeux de Ruth Boden pour jouer une de ses propres compositions ou un concerto pour violoncelle d’Edward Elgar.

 

Il faut dire, les conditions étaient rudes et dès plus inappropriées au port d’une robe de soirée. « Notre plus gros problème était le bruit du vent sur le sommet ».

 

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« Nous avons donc dû couvrir les microphones avec des bonnettes anti-vents et orienter nos corps pour qu’ils offrent autant de protection contre le souffle que possible », a précisé le réalisateur du court-métrage Gavin Carver ; court-métrage intitulé Andate, le terme musical par marcher au pas. Une cadence prudente qui a permis à l’aventure de Ruth Boden de se dérouler sans fausse note, et sans faux pas.

 

 

 

Nicolas Gomont