Coronavirus : l’inquiétude des professionnels de la culture

Après l’appel de Renaud Capuçon au ministre de la culture afin qu’il mette en place un plan d’urgence pour venir en aide aux musiciens et intermittents du spectacle, l’Association Française des Agents Artistiques et un collectif de chanteuses et chanteurs lyriques français s’inquiètent également des conséquences sociales de la crise du coronavirus sur le secteur.

 

Une pétition a déjà recueilli plus de 37 000 signatures

Depuis une semaine, la pétition, intitulée « La culture française est infectée par le coronavirus !!!! » qui demande au gouvernement d’agir et de prendre des mesures d’urgence pour les intermittents du spectacle, a déjà recueilli plus de 37 000 signatures. Vendredi le violoniste Renaud Capuçon,

 

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dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, a demandé à Franck Rietser, le ministre de la culture, de « mettre en place un plan d’urgence comme l’Allemagne vient de le faire pour venir en aide aux artistes» et l’Association Française des Agents Artistiques en a appelé au gouvernement et aux responsables politiques afin de prendre « des mesures exceptionnelles ». Dimanche, c’est un collectif réunissant une centaine d’artistes lyriques, parmi lesquels Karine Deshayes, Patricia Petibon, Roberto Alagna, Benjamin Bernheim ou encore Philippe Jaroussky, qui a demandé à ce que leur situation et celles de tous les intermittents du spectacle soient prises en compte au plus vite.

 

« Le statut d’intermittent de chacun est dorénavant en danger »

Dans son communiqué, l’Association Française des Agents Artistiques pour la Musique Classique (anciennement Chambre Syndicale) indique que, « face à cette situation exceptionnelle et indépendante de tous, L’AFAA étudie chaque cas en concertation avec les théâtres et salles de concert, afin de pouvoir défendre au mieux les intérêts des artistes ». En outre, l’AFAA fait appel à « la compréhension du gouvernement et demande un engagement de la part des responsables politiques envers notre secteur, notamment avec la création d’un fond de dédommagement permettant d’assurer la rémunération des artistes et de leurs agents et la mise en place de mesures exceptionnelles concernant les délais de déclarations pour l’intermittence ».

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Karine Deshayes, Patricia Petibon, Roberto Alagna, Benjamin Bernheim, Philippe Jaroussky et beaucoup d’autres artistes lyriques inquiets et solidaires

De leur côté, des chanteuses et chanteurs lyriques de France, réunis au sein d’un collectif,  se disent « prêt(e)s à consentir des efforts dans cette épreuve commune mais, en aucun cas, à en sacrifier leur avenir d’artistes », évoquent « une situation sans précédent  » et s’inquiètent des conséquences sociale et notamment de « l’avenir menacé d’un grand nombre d’artistes par une crise qui accentue fortement la précarité́ dans laquelle se trouvent déjà̀ certains d’entre eux ». Ce collectif interpelle le ministre de la culture, celui de l’économie et le Premier Ministre à qui il demande à ce « qu’aucune décision relative aux annulations de contrats et au règlement des salaires ne soit prise tant que le cadre légal n’a pas été́ défini ». Enfin, le collectif souhaite qu’une fois cette épreuve surmontée, soit entrepris un « véritable » débat sur la protection statutaire des métiers du spectacle « »ans le pays de l’exception culturelle ».

 

Philippe Gault (avec Jean-Michel Dhuez)

 

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