Ouvriers du BTP, éboueurs : pas de masques mais « des guides de bonnes manières », annonce Elisabeth Borne

Elisabeth Borne était l’invitée de Renaud Blanc ce vendredi 3 avril. La ministre de la Transition écologique n’a pas promis de masques pour les éboueurs, les ouvriers du BTP ou encore les routiers, mais a évoqué « des guides des bonnes manières ». Elle a en outre annoncé que l’envoi des chèques énergie avait du retard.

Le trafic ferroviaire « à 6% » de la normale

« Il y a toujours des gens pour donner des leçons ». Elisabeth Borne a tenté de défendre le bilan du gouvernement, alors que certains soulignent un manque d’anticipation de la crise sanitaire. La ministre de la Transition écologique a préféré vanter la continuité des activités primordiales à la vie du pays. « Pendant le confinement, nos soignants sont au front. Les services essentiels tiennent. Il y a de l’eau dans les robinets ; l’énergie, la logistique s’adaptent en permanence », a-t-elle listé, assurant que le gouvernement veut « préparer en ordre la sortie du confinement ».

 

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Pas question, de ce fait, de tolérer une occasion d’accélérer la propagation du virus. Comme l’a rappelé hier à la télévision Edouard Philippe, les Français n’ont pas l’autorisation de voyager pour les vacances scolaires. De toute manière, « l’offre, notamment sur les TGV, a été réduite au minimum ». « On doit être à 6% d’une offre normale. C’est pour permettre aux soignants de se déplacer. Chacun doit rester chez-soi », a réaffirmé Elisabeth Borne, dont le ministère chapeaute aussi le secrétariat d’Etat aux Transports.

 

« Les transferts de malades se font au besoin. Cela se fait avec l’appui de l’armée », a déclaré la ministre, qui s’est refusée à anticiper une multiplication des transferts des régions les plus touchées vers les hôpitaux en capacité d’accueillir les patients.

 

 

Aucune promesse de masques mais des « guides des bonnes manières »

« Les transferts sont adaptés à la pression qui s’exerce sur les régions », s’est-elle contentée de dire. Les routiers, qui « font partie de ces salariés qui sont sur le terrain et qui permettent à notre pays de continuer à fonctionner », réclament régulièrement des masques pour se protéger du Covid-19. La ministre ne leur a rien promis en ce sens au micro de Renaud Blanc, et a plutôt mis l’accent sur « le guide pratique des bonnes manières » publié hier et imaginé en concertation avec les représentants de la profession.

 

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Il est censé être suffisant pour appliquer les gestes barrières. « Au début du confinement, (les routiers) se sont retrouvés en difficulté avec des stations service fermées, (des problèmes) pour trouver des sanitaires et de la nourriture lors de leurs déplacements. On fait rouvrir systématiquement les airs de services », a assuré Elisabeth Borne, qui impose que les moyens soient mis en oeuvre pour que les chauffeurs puissent « se laver les mains sur tous les lieux de chargement et de déchargement ».

 

 

Un « guide pratique des bonnes manières » a aussi été rédigé à l’attention du secteur du bâtiment, au ralenti malgré la priorité de certains chantiers. « On vient de terminer avec les fédérations du bâtiment un guide de ce type, qui a été publié hier et qui va permettre aux chantiers urgents et essentiels de redémarrer ».

 

Les chantiers urgents du BTP devraient reprendre rapidement

« Ces guides s’imposent à toutes les entreprises ; ils ont été discutés avec les organisations professionnelles et les syndicats ». La ministre de la Transition écologique ne veut pas voir « tous les chantiers de confort » reprendre mais juge qu’il faut « qu’on soit capable de réparer les lignes électriques » notamment.

 

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« On a des lignes ferrées en Ile-de-France interrompue (faute de maintenance), il est important qu’elles puissent reprendre. On a une route nationale coupée par les intempéries dans les Pyréennées-orientales. On a besoin de travaux sur réseau d’eau et de gaz… », a énuméré l’ancienne ministre des Transports, qui n’a pas non plus garanti la livraison de masques aux éboueurs pour la collecte des déchets. Toutefois, des changements de composition d’équipes, censés éviter les risques de contamination, ont été menés. « On a revu l’organisation du travail avec désormais un chauffeur et un seul agent qui ramasse les poubelles », au lieu de trois salariés par camion en temps normal.

 

 

« J’entends les attentes des salariés qui aimeraient des masques. On a développé des capacités de masques en tissu qui pourront être plus largement diffusés dans tous les secteurs », a-t-elle évoqué. Les suspensions de factures d’énergie annoncées par le gouvernement ne concernent que les entrepreneurs ; pas les particuliers qui devront s’acquitter des leurs.

 

Un report de la COP26 annoncé alors que « la crise climatique continue »

Mais les « chèques énergie » à destination des plus modestes parviendront bien aux ménages concernés, malgré des « envois un peu plus lents que d’habitude« . « Je vous confirme que l’on maintient cette aide importante pendant le confinement. Cette année, ce sont 5,5 millions de ménages qui vont recevoir ce chèque d’un montant moyen de 150 euros, sans démarche à faire ». Les chèques 2019 pourront être utilisés non pas jusqu’à la fin mars, comme cela devait être le cas, mais jusqu’à la fin du mois d’août ; « le cas échéant, plus longtemps ».

 

 

Certaines régions ont augmenté le taux de chlore dans l’eau du robinet pour assurer la qualité micro-biologique de l’eau de ville. Il n’y aucun risque à s’en servir, a assuré la ministre. « Je vous confirme que nos entreprises dans le domaine de l’eau sont très mobilisées. Les traitements qui sont faits toute l’année permettre de traiter tous les virus, les bactéries… Ces traitements sont très efficaces et appliqués avec beaucoup de rigueur en cette période ».

 

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En outre, la ministre chargée des questions d’environnement a estimé que le report de la COP26, prévue en novembre 2020 et reportée à 2021, était une décision prudente. « C’est raisonnable d’attendre, pour que cette COP soit une réussite », a considéré Elisabeth Borne, pour qui malgré les baisses du taux de pollution enregistrées dans de nombreuses villes confinées à travers le monde, « la crise climatique continue ».

 

Nicolas Gomont

 

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