Coronavirus : Alain Finkielkraut devient écolo, Roselyne Bachelot est réhabilitée – La Revue de Presse de David Abiker

A lire dans Le Figaro ce matin une surprenante interview d’Alain Finkielkraut, philosophe plutôt conservateur qui laisse ce matin voguer sa fibre écologiste. Le Monde, quant à lui, publie un article des journalistes Davet et Lhomme, qui rétablissent la figure contestée de Roselyne Bachelot, vilipendée en 2009 pour avoir cherché à lutter, à grands frais, contre le virus H1N1.

Pour Alain Finkielkraut, « on veut contraindre » les politiques « à les décisions qu’on leur reprochera ensuite »

Alain Finkielkraut le nostalgique, le pessimiste, règle d’abord leur compte dans Le Figaro à tous les « inspecteurs des travaux finis », qui parlent un peu vite et qui tweetent plus vite que leur ombre. « Pour rendre la tâche de ceux qui nous gouvernent encore plus difficile, on en fait les boucs émissaires de nos peurs primaires, on les traduit devant le tribunal de la bêtise surinformée et on veut les contraindre à prendre les décisions qu’on leur reprochera ensuite », tacle le philosophe.

 

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Il fait ainsi la description d’une situation qui ressemble exactement à celle affrontée par Roselyne Bachelot, lors de l’épidémie de H1N1. On lira donc aussi Le Monde, qui sous la plume de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publie un papier sur la réhabilitation de cette figure de femme puissante. L’ancienne ministre de la Santé, violemment mise en cause en 2009 pour avoir commandé en masse des masques et des vaccins, reste marquée par les attaques dont elle a fait l’objet.

 

 

Roselyne Bachelot ne s’est jamais dit : « J’ai déconné »

« Elle pourrait aujourd’hui triompher », écrivent les deux journalistes. Roselyne Bachelot lutte contre ce qu’elle appelle en allemand « le Shadenfreud », la joie malsaine, la passion triste, celle que dégueule les réseaux sociaux à longueur de tweets. Les auteurs du papier ressortent cette réponse de Roselyne Bachelot à un député, qui en 2009 l’interpelle sur les achats de masques qui n’ont servi à rien.

 

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La ministre lui répond alors : « ces stocks de masques sont un stock de précaution destiné à toutes les pandémies. Ce n’est pas au moment où surviendra une pandémie qu’il faudra faire des stocks ». Pendant 10 ans, Roselyne Bachelot a ressassé, culpabilisé mais aujourd’hui elle garde sa joie pour elle. Elle confie simplement au Monde : « Jamais je ne me suis dit : « J’ai déconné » ». Aujourd’hui, on utilise encore des stocks de ces masques, même périmés.

 

Un loup aperçu dans les rues de San Francisco

Alain Finkelkraut, lui, tire déjà quelques leçons du confinement : « Le nihilisme, n’a pas encore vaincu, nous demeurons une civilisation » et laisse même parler sa fibre écolo. « A Venise, la mer est redevenue bleue, et on a signalé la présence d’un dauphin dans les eaux du grand canal ».

 

 

« Le repos forcé de l’économie et des transports est un habitat inespéré pour la Terre. Elle se refait une beauté et les autres créatures respirent ». Il ne croit pas si bien dire, Alain Finkielkraut. On a aperçu hier un loup dans les rues de San Francisco et moi ce matin, j’ai vu une souris dans ma cuisine.

 

David Abiker