Coronavirus : quel est le lien entre les opéras et les masques de protection ?

Contraints de cesser toute activité artistique, des opéras du monde entier ont décidé de confier à leurs ateliers de costumes la fabrication de masques de protection à destination des personnels exposés au coronavirus.

 

L’opéra d’Avignon mobilisé pour fabriquer des masques à disposition des éboueurs

En France, ce sont les ateliers couture de l’Opéra et du Conservatoire d’Avignon qui ont ont fait preuve d’entraide depuis une semaine en confectionnant en un temps record des centaines de masques en tissu. Ils ont été mis à disposition des agents de la collecte des déchets du Grand Avignon. Les costumières de l’Opéra de Rennes se sont également mobilisées. En Allemagne, de nombreux ateliers, dont ceux de l’Opéra de Bonn, du Deustch Oper de Berlin et du Bayerische Staatsoper à Munich, ont également décidé de s’investir dans la fabrication de masques de protection distribués aux professionnels exposés au coronavirus.

Dans l’est de la Bulgarie, au bord de la Mer noire, les costumiers de l’opéra de Bourgas, fermé à cause de l’épidémie, se sont portés volontaires pour fabriquer des centaines de masques. Toujours en Bulgarie, dans la capitale Sofia, c’est Angel Baby, une petite entreprise de production de vêtements pour bébés, qui a décidé d’utiliser ses stocks de tissu pour fabriquer des masques imprimés de motifs de hiboux, dinosaures, lamas ou singes. Au 29 mars, la Bulgarie recensait « seulement » 350 cas testés positifs au coronavirus et 8 morts.

 

L’opéra et le Théâtre d’Atlanta vont fabriquer des milliers de masques 

Avec près de 150 000 personnes contaminées (+ 2500 morts) au 30 mars, les États-Unis sont le pays le plus touché par la pandémie liée au coronavirus. Les initiatives individuelles et collectives se multiplient pour pallier les carences d’un système de santé aléatoire. À Atlanta notamment où le Théâtre Alliance et l’opéra local ont mobilisé le personnel dédié à la fabrication et à la réparation des costumes pour fabriquer des masques de protection. Ainsi les 12 employés de l’atelier du Théâtre Alliance, confinés chez eux, fabriquent chaque jour 220 masques pour le groupe Emory Heathcare et les hôpitaux de Georgie.

 

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L’opéra d’Atlanta, dont le directeur général Tomer Zvulun est un ancien médecin de l’armée israélienne, a dédié son atelier-costumes à la production de sur-masques en association avec le Grady Health System qui lui a commandé 72 000 de ces modèles. C’est la directrice de l’atelier Joanna Schmink qui a créé le prototype initial. Les hôpitaux d’Atlanta fournissent des feuilles de salle d’opération qui sont ensuite assemblées par les employés de l’opéra. Une initiative évidente pour Tomer Zvulun qui a déclaré dans un communiqué : « Nous vivons une période de grand besoin pour la communauté médicale et pour la société dans son ensemble. La question n’est pas de savoir comment sauver les productions de l’opéra mais plutôt comment pouvons-nous sauver des vies ? ».

D’autres institutions musicales américaines comme le Seattle Opera ou le Washington National Opera ont elles aussi décidé de dédier le travail de leurs ateliers de costumes à la fabrication de masques de protection à destination des établissements hospitaliers locaux.

Philippe Gault