Comment Air France va-t-elle gérer une possible réduction des vols domestiques ?

Quand l’Etat a volé au secours d’Air France vous vous souvenez peut-être qu’il avait exigé en contrepartie que la compagnie fasse à un geste en faveur de l’écologie. Le gouvernement avait en particulier demandé que la compagnie arrête la plupart de ses vols domestiques qui peuvent être assurés par le transport ferroviaire en moins de 2h30.

 

Orly-Bordeaux, Orly-Nantes ou Orly-Lyon pourraient être arrêtés

Aujourd’hui, le gouvernement va encore plus loin. Il ne formule pas qu’une demande à Air France. Il veut carrément passer une loi pour interdire une partie des liaisons aériennes les plus courtes. Pourquoi faire voter une loi ? Paradoxalement, c’est pour encadrer mais aussi pour aider Air France. S’il n’y a pas de de loi, le risque c’est qu’Air France suspende ses vols mais que d’autres compagnies en particulier low-cost viennent se mettre sur ces liaisons. Du coup, l’effet écologique serait nul.

 

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Une loi ça serait une assurance que le train serait sûr de remplacer l’avion. Et c’est aussi une manière de donner raison à la convention citoyenne qui propose d’aller encore plus loin puisque les 150 Français de cette convention proposent eux qu’on interdise le transport aérien quand on peut faire le même trajet en train en 4 heures. Si la loi concerne les liaisons ferroviaires de 2H30 ou 4H ce n’est pas pareil. Dans le premier cas on ne parle que d’une poignée de liaisons. On arrêterait les Orly-Bordeaux, Orly-Nantes ou Orly-Lyon. Et le gouvernement prévoit qu’on aurait encore le droit de prendre l’avion sur de courtes distances domestiques pour rejoindre Roissy et ensuite prendre un vol long-courrier.

 

Air France pourrait s’appuyer sur le décollage de Transavia, sa filiale low-cost

Pour Air France ça ne serait pas une catastrophe. Le groupe arrêterait des lignes souvent peu rentables et il conserverait sans doute des créneaux – des slots – pour lancer depuis Orly d’autres vols, par exemple il pourrait accélérer le décollage très stratégique de Transavia ; sa low-cost. Et il aurait l’assurance que cette interdiction profiterait à la SNCF avec qui il pourrait imaginer un partenariat. Pas à un concurrent comme Easyjet.

 

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Si on interdisait de fait pratiquement tous les vols domestiques au nom de la défense de la planète, ce serait économiquement beaucoup plus dramatique pour Air France. Il faudrait arrêter les très rentables navettes qui relient Paris à Nice, Marseille ou Toulouse. On obligerait en fait Air France à rentrer dans une logique de décroissance. Air France va déjà devoir faire face à un effondrement durable des liaisons long-courrier. Pas sûr que ce soit très malin de leur tirer une autre balle dans l’autre genou.

 

David Barroux

 

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