Claude Debussy : Rebondissement lors des enchères, son portrait préempté par le Musée de la Musique !

Courtesy Ader, maison de ventes

Le 12 octobre, la maison de ventes Ader proposait aux enchères le fameux portrait de Claude Debussy peint par Jacques-Émile Blanche, dont on célèbre cette année les 160 ans de la naissance. Malgré une très belle enchère au marteau, le Musée de la Musique a exercé son droit de préemption afin d’acquérir le tableau, peint en 1902 par le célèbre portraitiste parisien.

Le portrait de Debussy rejoindra au Musée de la Musique celui de Stravinsky également peint par Jacques-Émile Blanche

Le marteau du commissaire-priseur, en charge de la vente du portrait de Claude Debussy réalisé en 1902 pour la maison Ader-Nordmann, s’est abattu sur une belle enchère de 220 000 euros (l’estimation était comprise entre 80 000 et 120 000 euros) mais, comme son statut d’institution publique le lui permet, la Philharmonie de Paris a fait exercer son droit de préemption afin d’acquérir pour 280 000 € l’oeuvre qui sera exposée au Musée de la Musique, rejoignant ainsi le portrait d’Igor Stravinsky, peint en 1915 également par Jacques-Émile Blanche. Considéré comme l’un des plus grands portraitistes mondains du début du XXe siècle, Jacques-Émile Blanche (1861-1942), a marqué son époque au travers de ses tableaux consacrées à de grandes figures de la vie culturelle de la Belle Époque comme, notamment, son célèbre portrait de Marcel Proust exposé au Musée d’Orsay.

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Ce portrait de Debussy a une valeur humaine singulière et symbolique dans l’histoire de la musique de la fin du XIXe siècle et début du XXe. C’est l’histoire de 2 amis qui fréquentaient les mêmes cercles de la vie culturelle parisienne de l’époque d’André Gide à Jean Cocteau, Edgar Degas, Francis Poulenc ou Henri Bergson. L’histoire de deux amoureux de la musique – Jacques-Émile Blanche, hésita longtemps entre une carrière de pianiste et celle de peintre – et surtout l’histoire d’une relation entre deux grands artistes qui aboutira notamment à ce célèbre portrait mais également à un autre qui inspira une œuvre au compositeur.

Debussy imagina Jardins sous la pluie pendant une séance de pose avec Jacques-Émile Blanche

Un an après avoir peint le portrait vendu aux enchères ce 12 octobre, Jacques-Émile Blanche proposa en 1903 à Claude Debussy d’en réaliser un second. La séance de pose a eu lieu dans l’atelier du peintre à  Paris dans le quartier d’Auteuil. Une séance interrompue par la pluie qui laissa le musicien saisi par « l’odeur de la terre mouillée, par le doux cliquetis des gouttes sur les feuilles » et lui inspira, par la suite, Jardins sous la pluie, troisième et dernière pièce de son triptyque pour piano intitulé Estampes, qui reprend, « entre les gouttes », les deux comptines populaires Dodo, l’enfant do et Nous n’irons plus au bois.

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Comme un symbole, la vente du portrait de Debussy s’est déroulée au siège de la maison de ventes Ader (depuis 1692), rue Favart à Paris, en face de l’Opéra-Comique… où le grand compositeur proposa, pour la 1ère fois au public en avril 1902, Pelléas et Mélisande. Lors de cette vente, étaient également proposés des lettres et manuscrits autographes de Jean-Sébastien Bach, Alban Berg, Georges Bizet, Enrico Caruso et Emmanuel Chabrier.

Philippe Gault

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