Air France abandonne l’A380 : les raisons d’un désastre économique pour Airbus

Air France vient d’annoncer la fin de l’exploitation de ses Airbus A380. Lufthansa et Emirates cherchent aussi à se délester de ces appareils, qui pèchent par leur gigantisme et leur consommation de carburant. Il se s’en sera vendu que 250 exemplaires dans le monde.

 

Air France a accéléré le retrait de l’Airbus A380 de sa flotte, initialement prévu pour 2022

L’A380 est un superbe avion, un avion majestueux et silencieux de plus de 500 places. Mais s’il constitue une prouesse technologique, il restera au final comme un désastre économique pour Airbus, comme pour la plupart des compagnies. J’aurais adoré que l’A380 vole encore très longtemps. Seulement, il faut se rendre à l’évidence. Ce très gros porteur d’Airbus était déjà condamné avant la crise du coronavirus.

 

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Et là, avec l’effondrement du transport aérien, sa disparition se trouve un peu accélérée. Air France avait prévu de retirer sa dizaine d’A380 de sa flotte d’ici 2022. Comme dans les mois et les années qui viennent, cela va être déjà difficile de remplir des avions de 250 places, la compagnie n’a plus besoin de cette baleine des airs. L’A380 n’a pas trouvé son marché à cause de sa consommation. Avec ses quatre réacteurs d’ancienne génération, il brûle un quart de plus de carburant que les nouveaux avions.

 

 

Son deuxième problème, c’est que le transport aérien n’a pas évolué comme le prévoyait Airbus. A la fin du XXème siècle, l’avionneur européen se disait que tous les grands aéroports allaient être saturés et que donc, on allait avoir besoin d’un gros millier de son paquebot des airs.

 

 

Emirates est en train de renégocier sa commande Airbus A380, pour en convertir une partie en A350

Mais en fait, la saturation a été largement évitée parce que de nouveaux avions plus petits mais plus modernes ont permis de relier directement des grandes villes sans passer par les plus gros aéroports. Le transport aérien est devenu plus flexible et l’A380 ne l’était pas assez. Du coup, Airbus n’a vendu que 250 exemplaires d’un avion qui a eu du retard et qui est arrivé sur un marché du transport aérien fragilisé par les attentats du 11 septembre 2001, puis la crise financière de 2009.

 

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Alors, son constructeur a annoncé en 2019 qu’il arrêterait la chaine de production en 2021. Il devait encore en livrer quelques-uns à Emirates, mais on sait déjà que le premier client de l’A380 renégocie pour avoir une partie d’A350 à la place. Les compagnies comme Air France ou Lufthansa ne feront sans doute pas redécoller ce géant.

 

 

Emirates, qui détient presque la moitié des A380 dans le monde – un peu plus d’une centaine – ne va pas pouvoir les remplacer d’un seul coup. Dans un monde dans lequel on risque de voyager un peu moins, même la compagnie emiratie risque de mettre plus vite que prévu ses A380 à la casse.

 

David Barroux