« La survie d’Airbus est en jeu » : son dirigeant Guillaume Faury adresse une lettre aux salariés

Guillaume Faury, le patron d’Airbus, reconnaît dans une lettre adressée à ses 135 000 salariés qu’il y aura des lendemains difficiles. Avec des annulations de commandes et des retards de livraison, le constructeur brûle rapidement sa trésorerie sans engranger de rentrées d’argent.

 

Airbus comme Boeing ont l’avantage d’être dans un secteur peu concurrentiel

Guillaume Faury, le patron d’Airbus a décidé de tenir un discours de vérité. Dans une lettre adressée aux 135 000 salariés du géant européen de l’aéronautique, il a écrit noir sur blanc que le groupe faisait face à une véritable hémorragie de cash. Il n’y a presque plus de rentrées d’argent, parce qu’il n’y a pas de livraisons.

 

à lire aussi

 

Il n’y a pas de très bonnes perspectives non plus parce qu’il n’y a plus de nouvelles commandes. Pendant ce temps, il faut continuer de faire face aux frais fixes et aux sorties d’argent. Du coup, le boss le dit clairement : si on ne fait rien, et si la reprise n’est pas très rapide, c’est la survie d’Airbus qui est carrément en jeu.

 

 

Mais il n’y a pas un vrai risque de faillite pour Airbus. Le constructeur a déjà l’énorme avantage d’être, avec Boeing, le champion du monde dans un secteur qui va continuer de croître à long terme, parce que même si on ne reprend pas l’avion demain, on finira bien par le reprendre après-demain. C’est en plus un domaine d’activité à forte valeur ajoutée, avec des barrières à l’entrée élevées.

 

Airbus a déjà annoncé une baisse de 30% de sa production

Au lendemain de la crise, Airbus ne va pas se retrouver avec 2 fois plus de concurrents, même s’il y a un risque que les Etats-Unis soutiennent massivement Boeing et la filière aéronautique américaine. Et puis, le dernier avantage d’Airbus, c’est que même si certains clients annulent leurs commandes, ils ont encore un carnet très bien rempli pour les 6 à 7 années qui viennent.

 

à lire aussi

 

Seulement, on entre peut-être dans une phase de crise qui va durer. Les 2/3 de la capacité industrielle d’Airbus a été modifiée pour faire face à la hausse de la demande mondiale. Si on entre dans un hiver aérien, Airbus va devoir tailler dans son outil industriel et dans ses équipes. Le groupe a annoncé une réduction temporaire de 30% de sa production.

 

 

Mais si la crise dure, le temporaire pourrait devenir permanent et le groupe serait obligé de s’adapter. Airbus ne risque pas de mourir, mais pour survivre de façon rentable, si on assiste par à une reprise en V, le groupe devra en tirer les conséquences. Cela sera dur pour le groupe, pour ses fournisseurs… C’est pour cela que le patron promet du sang et des larmes…

 

 

David Barroux