Air France-KLM reçoit 10 milliards d’euros d’aides de la France et des Pays-Bas

Le groupe Air France-KLM va recevoir plus de 10 milliards d’euros d’aides des Etats français et néerlandais. Ce prêt devrait suffire pour subvenir aux dépenses urgentes de la compagnie. Mais déjà peu rentable, Air France-KLM va devoir profiter de la crise pour se restructurer.

Air France KLM n’assure plus que 2% à 3% de ses vols

L’aide que va recevoir Air France-KLM est colossale : 10 milliards d’euros, soit 1/3 de son chiffre d’affaires. C’est 5 fois plus que la capitalisation du groupe. On parle donc d’un prêt hors normes qui va être garanti ou directement apporté par les Etats français et néerlandais. Si ces 2 pays volent au secours des deux compagnies, c’est parce que sinon, Air France et KLM vont faire faillite.

 

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Aujourd’hui, le groupe n’assure plus que 2 à 3% de ses vols. Il y a juste quelques avions cargo et quelques vols pour rapatrier des Français. Les recettes se sont effondrées et Air France-KLM perd 25 millions par jour. Ces prêts d’urgence vont permettre de faire face à la situation actuelle mais pour qu’Air France et KLM redécollent, il faudra une reprise du trafic aérien et cela va prendre beaucoup de temps.

 

 

Les frontières européennes ne seront sans doute pas ouvertes avant la fin de l’été. Même quand cela sera fait, il va falloir que les hommes d’affaires et les touristes aient envie de reprendre l’avion.

 

Transavia, la compagnie low-cost d’Air France, peine encore à concurrencer Ryanair ou EasyJet

Dans une interview aux Echos ce matin, Benjamin Smith, le patron d’Air France le reconnaît : Le retour à la normal ce n’est pas avant fin 2021. Mais pour qu’Air France soit sauvé, il ne suffira pas d’avoir à nouveau des passagers. La compagnie était très faiblement rentable avant la crise. Le groupe souffrait d’un vrai écart de compétitivité.

 

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Il va donc falloir pendant cette période de crise qu’Air France se réorganise en profondeur. Il va falloir couper dans le réseau domestique, qui perd 200 millions par an. Il faut arrêter certaines lignes. Il faut donner à Transavia, la compagnie low cost du groupe, de vrais moyens pour se développer et rivaliser avec Ryanair et EasyJet. Il faut qu’Air France, qui trop souvent ressemble à une administration, taille encore dans sa bureaucratie. Il va falloir négocier dur avec tout le personnel.

 

 

D’habitude, quand Air France veut se restructurer, les salariés se mettent en grève. Là, cette arme est inutile. Il faut que le groupe en profite et accélère du coup sa restructuration. Sinon, les 10 milliards prêtés seront sans doute 10 milliards perdus.

 

David Barroux