Coronavirus : l’Etat peut-il intervenir pour sauver Air France-KLM?

Le coronavirus pourrait contraindre l’Etat à voler au secours d’Air France-KLM. A cause de l’annulation de nombreux vols, le chiffre d’affaires de la compagnie chute dangereusement. Mais l’actionnaire néerlandais pourrait s’opposer à toute montée au capital de la France.

 

AirFrance ne devrait plus assurer que les vols domestiques et vers les DOM-TOM

Il y a une semaine, nous vous expliquions sur Radio Classique que la situation allait être très compliquée pour les compagnies aériennes. Malheureusement, elle s’avère encore pire que ce que nous pensions. Entre l’interdiction de l’entrée aux Etats-Unis des citoyens européens et le fait que de plus en plus de pays sont en train de fermer leurs frontières, le ciel se ferme progressivement dans le monde. Forcément pour les compagnies aériennes, c’est une catastrophe.

 

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Voilà pourquoi l’Etat, qui est déjà actionnaire d’Air France-KLM, va devoir trouver un moyen de voler au secours de notre compagnie nationale. Si la conjoncture se dégrade si vite, c’est parce qu’une compagnie aérienne doit faire face à beaucoup de frais fixes. Que les avions décollent ou pas, qu’ils soient vides ou pleins, il faut payer les salaires et rembourser les avions. Air France et son partenaire néerlandais n’assureront bientôt plus que quelques vols intérieurs et à destination des Dom-Tom.

 

 

Les actionnaires néerlandais pourraient s’opposer à une montée au capital de l’Etat français

S’ils vont faire des économies de carburant, ils vont surtout brûler beaucoup de cash et pourraient vite être à court de liquidités, puisqu’ils ne vont pratiquement plus générer de chiffre d’affaires. En théorie, l’Etat peut faire beaucoup. Mais en pratique, çela risque d’être plus compliqué. S’il peut suspendre le versement de certaines cotisations sociales, prendre en charge du chômage partiel ou recapitaliser la compagnie en injectant de l’argent frais, le dossier est aussi politique.

 

 

L’Etat est déjà actionnaire à hauteur de 14%. Injecter trop d’argent le ferait passer au-dessus du tiers du capital et il devrait alors lancer une OPA. Bruxelles pourrait s’opposer à ce qui serait considéré comme une aide d’Etat. Les Pays-bas, aussi actionnaires du groupe, n’ont sans doute pas envie que la France monte encore davantage au capital de ce groupe franco-néerlandais à la gouvernance déjà compliquée. La bonne nouvelle pour Air France, si on ose, c’est que la crise va concerner toutes les compagnies aériennes. Du coup, tous les gouvernements vont devoir agir.

 

David Barroux