Coronavirus : Où en sont les stocks de nourriture ?

La crise du coronavirus pousse les Français à faire des stocks de nourriture. Y a-t-il un risque que l’on ait du mal à faire ses courses ?

 

Les géants de la grande distribution possède des stocks considérables

Pour l’instant, la grande distribution et le monde de l’agroalimentaire paniquent moins que les consommateurs. Depuis quelques semaines, les Français se sont effectivement précipités dans les magasins et ils ont commencé à faire des réserves. Vous avez vu les images des rayons de coquillettes et de spaghettis qui ont été dévalisés. Il faut quand même relativiser, sur la première semaine de mars, les ventes au rayon pâtes et riz ont bondi mais seulement de 21% selon les chiffres de Nielsen. Au rayon papier toilette, on affiche un +12% ; à celui des surgelés, c’est +10%.

 

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On parle de vraies hausses mais les proportions demeurent raisonnables. Les consommateurs sont prudents et sans doute un peu inquiets. Toutefois, ils ne sont pas devenus totalement fous. A court et moyen termes, je doute qu’il y est des risques de pénuries. D’abord, parce qu’une fois que vous avez fait des stocks de pâtes, il va falloir les manger avant d’en racheter. Si on va peut être consommer plus à la maison si on fait du télétravail, on ne peut pas stocker 1 an de pâtes non plus. Ensuite, les grands distributeurs et les géants de l’agroalimentaires disposent de stocks considérables.

 

Toute flambée des prix devrait être sous contrôle

Super U par exemple affirme qu’il a de quoi réapprovisionner les rayons jusqu’en juin. Il pourrait néanmoins y avoir des pénuries ponctuelles sur certains produits, en particulier sur des produits frais ou importés de loin.  Pour les yaourts ou certains fruits, il faut que la logistique fonctionne parfaitement. Si des pays se ferment, si des restrictions de circulation sont décidées, ou s’il y a un simple manque de chauffeurs, on va avoir du mal à collecter le lait ou à livrer tous les jours les hypermarchés en produits périssables.

 

 

La conséquence logique dans pareille situation serait une flambée des prix. Mais le gouvernement a le moyen d’encadrer les prix et d’éviter les abus. Ensuite, la concurrence va continuer d’exister entre les distributeurs. Seulement, on va sans doute assister à un recul des promotions. Les distributeurs et les industriels ont admis en commun que ça ne serait pas très sain de pousser les gens à consommer encore plus. Aujourd’hui, dans le discours, une forme d’union sacrée et de solidarité se met en place ; pas un contexte d’égoïsme. Bien sûr, on est jamais à l’abri. Les choses pourraient déraper mais chacun semble avoir le sens des responsabilités.

 

David Barroux

 

Retrouvez le Décryptage Economique de David Barroux