Vacances autorisées en France : le secteur du tourisme va-t-il être sauvé ?

Le gouvernement vient de présenter son plan en faveur du tourisme. Edouard Philippe a annoncé 18 milliards d’euros d’aides publiques et a autorisé les Français à partir en vacances cet été sur le territoire national. Est-ce suffisant pour sauver ce secteur ?

 

Le tourisme pèse en France 169 milliards d’euros de recettes pour 2 millions d’emplois

Non seulement on peut, mais en plus « il faut ». Parce que le tourisme est une des richesses de la France, comme le luxe, l’aéronautique ou l’agroalimentaire. C’est un secteur qui pèse presque 8% de notre économie, 169 milliards de recettes et 2 millions d’emplois directs. Il est vital que l’on sauve ce secteur. Alors c’est sûr, l’année 2020 ne restera pas comme un grand cru. Les stations de ski ont dû fermer plus tôt que prévu.

 

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Les ponts du mois de mai avec le confinement et les limitations de circulation ne vont pas rapporter grand-chose. L’été s’annonce compliqué, mais il ne faut pas être trop pessimiste, parce que cette crise n’est pas une crise de la demande. Les Français et les étrangers ont toujours envie de prendre des vacances. C’est une crise de l’offre. Pour des raisons sanitaires, on nous prive pour l’instant de vacances. Tout le monde s’interroge sur la vigueur de la reprise une fois que le pire de la crise sanitaire sera passé.

 

 

On se demande si on aura une reprise en V ; c’est-à-dire un rebond très fort après une chute très forte. Pour pas mal de secteur, la dépression risque de durer car on peut souvent attendre avant de changer de voiture ou de manteau. Pour le tourisme, il est très possible que cela redémarre très vite, parce que les grandes vacances c’est sacré et qu’en plus on va tous en avoir besoin.

 

Beaucoup d’acteurs du tourisme font 70% à 80% de leur chiffre d’affaires sur la période juillet-août

D’ici juillet, la pandémie peut reculer et si la pandémie recule, les Français vont se précipiter à la dernière minute. Comme on ne pourra pas aller très loin, ceux qui peuvent s’offrir des congés vont partir à la découverte de la France et l’offre et la demande vont se rencontrer. Alors, il est certain que le marché des croisières ou les palaces, qui dépendent beaucoup de la clientèle internationale vont souffrir.

 

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Comme ils ont, en plus, des frais fixes très élevés, il y a des risques de faillites. En gros, les acteurs très endettés, qui étaient sur la corde raide les bonnes années vont avoir de vraies difficultés, parce que cette année, il n’y aura pas de touristes étrangers. Il n’y aura pas non plus de festivals qui attirent du monde et il y aura peut-être chez certains Français inquiets pour leur travail et leurs revenus un peu d’épargne de précaution.

 

 

Mais, il y a aussi plein d’activités touristiques qui vont bien, qui n’ont pas des charges fixes gigantesques, hormis les saisonniers, et qui font 70% à 80% de leur chiffre d’affaires en juillet et en août. Pour eux, c’est trop tôt pour certifier que l’été sera pourri, surtout que le gouvernement n’a pas fini de soutenir ce secteur. 2020 ne sera pas une super année, mais ils ne vont pas forcément tous mourir.

 

David Barroux