Faire ses courses après le déconfinement : comment vos habitudes ont-elles changé?

Drive, e-commerce, produits d’origine France… Les commerces alimentaires sont restés ouverts durant le confinement mais ont dû subir les changements d’habitudes des consommateurs. Ces bouleversements pourraient s’avérer durables.

 

58% des transactions bancaires ont été faites dans la ville de résidence des acheteurs confinés, contre 26% l’an dernier

La première leçon de presque 2 mois de confinement, c’est que les Français ont changé leurs habitudes au moment de faire leurs courses. D’abord, ils ont très globalement respecté les consignes. En analysant les déplacements des téléphones portables, l’école Télécom Paris nous révèle que 58 % des transactions ont été réalisées dans la ville de résidence des acheteurs pendant le confinement, contre 26 % pour la même période de l’an dernier.

 

à lire aussi

 

En moyenne, les porteurs de cartes bancaires n’ont « parcouru«  qu’un quart de la distance qu’ils parcouraient l’an passé ; soit au total 71 kilomètres contre 315 kilomètres l’an dernier pour un mois de shopping. La deuxième leçon que livre l’Institut Kantar, c’est que les consommateurs ont plutôt boudé les hypermarchés et voté en faveur des supermarchés. On a privilégié la proximité et le commerce à échelle humaine plutôt que les grandes surfaces dans lesquelles on risquait de croiser beaucoup plus de monde.

 

 

Comme les crises sont des accélérateurs de tendances en général, à court terme, l’hypermarché qui était un peu en perte de vitesse avant la crise, va peut-être remonter un peu la pente maintenant parce qu’on peut y aller en voiture. On peut tout y trouver sous le même toit, c’est efficace. Donc, dans une France qui recommence à travailler, l’hyper qui capte la moitié de nos courses du quotidien n’a pas dit son dernier mot.

 

 

Alors que l’inflation couve, la grande distribution pourrait relancer la guerre des prix

Mais, la crise a aussi poussé plus de Français vers le drive ou le e-commerce. Là, on ne reviendra pas totalement en arrière. De nouveaux réflexes ont sans doute été pris. La crise a aussi accéléré une tendance de fond, comme la recherche de produits français, par nécessité, mais aussi par choix, on a plus privilégié le local et les circuits courts.

 

 

Reste que la distribution a bien encaissé le choc de la crise, parce qu’il y a même une hausse de la demande car on a tous mangés beaucoup plus à la maison. Normalement, on prend un tiers de ses repas à l’extérieur au restaurant ou à la cantine. Mais les mois qui viennent s’annoncent difficiles, parce que le commerce même alimentaire est quand même impacté par l’évolution globale de l’économie, avec des millions de gens en chômage partiel et des Français inquiets pour leur pouvoir d’achat. Tout cela va avoir un impact sur la consommation.

 

à lire aussi

 

A un moment où il y a un risque inflationniste, parce que produire coûte plus cher à tout le monde quand il faut investir dans la protection sanitaire, il y a un risque que les consommateurs recherchent encore plus les petits prix. La distribution va peut être relancer une forme de guerre des prix qui avait eu tendance à se calmer.

 

David Barroux