Le télétravail sera la règle chez PSA : un pari risqué?

PSA a décidé de généraliser le télétravail, au-delà même de l’épidémie. A l’année, Carlos Tavares, le patron du groupe, veut que cadres et ingénieurs ne se rendent plus qu’1 à 2 fois par semaine sur leur lieu de travail. Un pari risqué, motivé par une logique d’économies.

 

Le télétravail va permettre à PSA de se séparer de mètres carrés de bureau

On dit que le monde, après la crise du coronavirus, pourrait ne pas ressembler au monde d’avant. Pour les cols blancs de PSA, c’est une certitude. Hier, via une conversation digitale avec les salariés de Peugeot et de Citroën sur Linkedin, le DRH du groupe a annoncé que désormais chez PSA, le télétravail ne serait plus l’exception mais bien la règle. L’objectif, c’est que les cadres et les ingénieurs – pas les ouvriers dans les usines évidemment – ne viennent plus au bureau qu’1 ou 2 fois par semaine.

 

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Ils devront passer la majorité du temps à travailler de chez eux. Ce n’est pas qu’une mesure temporaire pour la période de déconfinement ; c’est pour toujours et cela sera progressivement le cas dans tous les pays. Car d’un côté, la crise actuelle prouve que même si c’est imparfait, le télétravail à dose massive est désormais possible ; on a les outils.

 

 

Et puis, Carloz Tavares, le patron du constructeur auto, est un maître dans l’art de couper dans les dépenses. Il a bien compris que si les salariés ne viennent pratiquement plus au bureau, il allait pouvoir rendre beaucoup de mètres carrés de bureau et donc, faire beaucoup d’économies.

 

Le télétravail rompt le lien social et complique l’intégration et la coordination des salariés

C’est peut-être mon côté déjà un peu vieux monde qui s’exprime, mais je pense que le télétravail à aussi haute dose est risqué. On gagne en confort, parce qu’on ne perd plus de temps dans les transports. Mais le travail, c’est aussi du lien social. Sortir de chez soi et rencontrer d’autres gens reste important. Le télétravail, même bien organisé, est épuisant. Une bonne réunion bien gérée dans un bureau a aussi son efficacité.

 

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Comment on intégrera les jeunes recrues dans un monde virtuel ? Comment on veillera au stress de certains salariés, à distance. Le télétravail accentue les choses : les plus efficaces sont encore plus efficaces, les plus fragiles encore plus fragiles. C’est comme la mode des open spaces ou des bureaux partagés, le flex office. Le poison, c’est la dose. Il ne faut pas aller trop loin.

 

David Barroux