KAVAKOS Leonidas

Si Leonidas Kavakos est doué d’une grande sensibilité, le violoniste s’est d’abord fait remarquer pour sa virtuosité. Puis est venue l’opportunité d’élargir le rôle de soliste au « joué-dirigé », avant de prendre véritablement la baguette de chef d’orchestre. Leonidas Kavakos a réalisé ses deux rêves d’enfant, au service d’un amour unique : la musique.

Leonidas Kavakos en 8 dates :

  • 1967 : Naissance à Athènes
  • 1985 : 1er Prix du Concours Sibelius d’Helsinki
  • 1986 : Etudie à l’Université d’Indiana avec Josef Gingold
  • 1994 : 24 Caprices de Paganini (Dynamic)
  • 1997 : Première expérience de chef avec la Camerata de Salzbourg
  • 2006 : Intégrale des concertos pour violon de Mozart avec la Camerata de Salzbourg (Sony)
  • 2014 : intégrale des Sonates pour violon et piano de Brahms avec Yuja Wang (Decca)
  • 2022 : 1er enregistrement de transcriptions pour trio des symphonies de Beethoven avec Yo-Yo Ma et Emmanuel Ax (Sony)

Leonidas Kavakos, né dans une famille de musiciens en Grèce

Le violon est un talent héréditaire chez les Kavakos : le grand-père et le père de Leonidas en jouaient déjà. Son père faisait partie d’un groupe de musique traditionnelle grecque pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de poursuivre ses études au Conservatoire – où il a rencontré sa mère, pianiste – et de fonder un quatuor à cordes.

Leonidas Kavakos est donc né dans une famille de musiciens, à Athènes, en 1967. Il commence le violon à 5 ans avec son père, puis entre au Conservatoire National de Grèce dans la classe de Stelios Kanfataris. A 18 ans il remporte le concours Sibelius d’Helsinki, puis le concours Paganini de Gênes deux ans plus tard.

Grâce à une bourse de la Fondation Onassis, il part aux Etats-Unis étudier avec Josef Gingold – également professeur de Joshua Bell – à l’Université de Bloomington dans l’état d’Indiana, où il y pratique aussi la musique de chambre. Lors d’une interview à Violonist.com en 2013, il se souvient d’avoir été frappé par la fraîcheur et l’enthousiasme intacts avec lequel le vieux professeur parlait de musique, là où d’autres tombaient dans la routine au bout de quelques années de carrière. Une leçon sur l’approche de l’art, qu’il n’oubliera jamais.

Des collaborations marquantes avec Yo-Yo Ma et Emmanuel Ax 

Leonidas Kavakos a d’abord souvent enregistré avec le pianiste Enrico Pace. Les deux hommes ont exactement le même âge. A partir de 2008, ils ont gravé les deux trios de Mendelssohn, l’intégrale des sonates pour violon et piano de Beethoven, puis un disque de pièces de genre intitulé Virtuoso sorti en 2016. Le pianiste hongrois Péter Nagy figure aussi parmi les complices du violoniste, avec qui il a enregistré Kreisler, Ravel, Bartok et Enesco. Enfin, il faut bien-sûr citer Yo-Yo Ma et Emmanuel Ax.  Avec eux, Leonidas Kavakos s’est lancé dans un pari audacieux : la transcription pour trio des symphonies de Beethoven.

Régulièrement invité au festival de Verbier, il aime aussi mélanger les générations et joue volontiers avec Yuja Wang – avec qui il a enregistré les sonates de BrahmsGautier Capuçon, ou encore le clarinettiste Andreas Ottensammer et l’altiste Antoine Tamestit. Leonidas Kavakos aime aussi les défis en solitaire. Après les Caprices de Paganini à 27 ans, il a enregistré les Sonates d’Ysaÿe quatre ans plus tard. Josef Gingold, avec qui il avait travaillé aux Etats-Unis, était lui-même un élève d’Ysaÿe, et lui a transmis l’héritage de l’école franco-belge du violon. Puis Leonidas Kavakos a gravé en 2022 l’un des monuments du violon : les Sonates et Partitas de Bach.

Leonidas Kavakos : Violoniste… mais aussi chef d’orchestre !

S’il est régulièrement invité comme soliste pour les grands concertos du répertoire – il a notamment enregistré celui de Brahms avec le Gewandhaus de Leipzig sous la baguette de Riccardo Chailly en 2013 – Leonidas Kavakos caressait aussi le vieux rêve de la direction d’orchestre. L’envie l’en démangeait enfant, avant même de commencer le violon. Il écoutait Kleiber, Tennstedt et Klemperer. Les symphonies de Bruckner, en particulier, l’attiraient. C’est avec la Camerata Salzbourg que Leonidas Kavakos s’est finalement lancé dans la direction en 1997, pour remplacer Sandor Vegh à la dernière minute.

Il a d’abord fait du « joué-dirigé », autrement dit conduire les musiciens de l’ensemble tout en jouant la partie de soliste. C’est dans cette configuration, et toujours avec la Camerata de Salzbourg, que le violoniste a enregistré l’intégrale des concertos de Mozart en 2006. En 2001, l’ensemble a créé pour lui le titre de « Artiste invité principal » (Principal Guest Artist), avant de lui donner les rênes de la direction artistique de 2007 à 2009. Depuis Leonidas Kavakos s’est lancé véritablement au pupitre de chef, devant l’Orchestre de la Suisse Romande, le Symphonique de Boston, le Philharmonique de New York, et bien d’autres. Et a réalisé son rêve de diriger les symphonies de Bruckner.

Passionné de musique, Leonidas Kavakos l’est aussi de lutherie

Leonidas Kavakos ne semble pas rechercher une beauté plastique du son. Si la musique nécessite selon lui une approche plus grinçante, il ose produire le son qui va avec. Pour offrir au public cette vaste palette de couleurs sonores, Leonidas Kavakos a bénéficié de trois Stradivarius.

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Il a d’abord joué le Falmouth jusqu’en 2010, puis le Abergavenny, et enfin depuis 2017 le Willemotte. Mais il ne boude pas pour autant le savoir-faire de notre époque. Au contraire, il possède aussi quatre violons de luthiers contemporains.

Sixtine de Gournay

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