BATISASHVILI Lisa

Lisa Batiashvili a dû fuir la guerre civile en Géorgie, son violon sous le bras, quand elle était enfant. Est-ce cette sombre expérience qui lui a fait développer son extraordinaire sensibilité musicale ? Dans le public comme chez les professionnels du monde musical, on apprécie la finesse de son jeu et son phrasé hors-norme. Généreuse et engagée, elle soutient les jeunes musiciens géorgiens grâce à la Fondation qu’elle a créée.

Lisa Batiashvili en 8 dates :

  •  1979 : naissance à Tbilissi (Géorgie)
  • 1991 : fuit la guerre en Géorgie et s’installe à Hambourg
  • 1995 : remporte le 2ème Prix au Concours Sibelius, qui la propulse sur la scène internationale
  • 2007 : enregistre son premier disque chez Sony (Concerto de Sibelius dirigé par Sakari Oramo)
  • 2010 : rejoint le label Deutsche Grammophon
  • 2019-2022 : assume la direction artistique du Audi Sommerkonzerte Ingolstadt
  • 2021 : crée la Lisa Batiashvili Foundation pour soutenir les jeunes musiciens géorgiens

Lisa Batiashvili apprend le violon avec son père en Géorgie, avant d’entrer au conservatoire de Hambourg

Lisa Batiashvili est née en Géorgie, et a grandi dans le même quartier de Tbilissi que la pianiste Khatia Buniatishvili – elles ne se rencontreront pourtant que bien plus tard, en France. Lisa est tombée dans la marmite de musique classique quand elle était petite, avec un père violoniste et une mère pianiste. Tout comme le chef Zubin Mehta, sa vocation musicale naît en écoutant son père répéter en quatuor à la maison, et donner cours à ses élèves.

C’est avec son père qu’elle démarre le violon à 4 ans, jusqu’à leur déménagement en Allemagne. Nous sommes alors en 1991, l’URSS implose, et face à la guerre civile en Géorgie, les Batiashvili fuient à l’étranger.

Au conservatoire de Hambourg, son professeur Mark Lubotsky, un ancien élève d’Oïstrakh, lui fait travailler Prokofiev en lui faisant découvrir sa dimension théâtrale. Aujourd’hui encore, Prokofiev fascine Lisa Batiashvili, qui voit dans ses oeuvres la réunion de deux parties de l’Europe : l’Est et l’Ouest.

Au Concours Sibelius, elle est la plus jeune lauréate à seulement 16 ans

A 15 ans, Lisa Batiashvili devient l’élève d’Ana Chumachenko – qui a aussi été le professeur de Julia Fischer –, et la famille déménage à nouveau, direction Munich. Ana Chumachenko jouera un rôle déterminant pour elle, en l’aidant à faire émerger sa propre personnalité musicale. Lisa se présente au Concours Sibelius d’Helsinki, dont elle remportera le 2ème Prix en étant la plus jeune candidate : elle a 16 ans.

Au fil du temps, elle tissera des liens avec la Finlande. Elle créera le concerto de Lindberg dont elle est la dédicataire, et jouera régulièrement avec les chefs Sakari Oramo – avec qui elle enregistrera son premier disque en 2007, consacré au Concerto de Sibelius –, Osmo Vänske et Esa-Pekka Salonen.

Sa personnalité musicale s’est enrichie d’influences russes, européennes et américaines

Entre 2019 et 2022, Lisa Batiashvili a été directrice artistique du Audi Sommerkonzerte Ingolstadt. Elle conjugue le triple héritage de l’école russe, de l’enseignement européen et d’académies d’été aux Etats-Unis, le tout au service d’une riche personnalité musicale. Son instinct du phrasé en fait l’une des violonistes les plus fascinantes de sa génération, comme l’ont été Itzhak Perlman ou Yudi Menuhin en leur temps.

Sa sonorité chaleureuse doit bien-sûr beaucoup à son violon, un Guarnerius del Gesù de 1739. Elle n’a pas toujours eu cet instrument entre les mains puisqu’elle a d’abord joué deux Stradivarius, l’Engleman de 1709 et le Joachim de 1715.

Elle attend d’avoir 30 ans pour enregistrer Bach

Pour tout musicien, Jean-Sébastien Bach est un sommet qu’on gravit depuis l’enfance. On n’a jamais fini de se questionner avec Bach. C’est le mythe de Sisyphe, l’éternel recommencement. De par sa formation, Lisa Batiashvili aborde d’abord Bach selon la tradition de l’école russe. Puis, bien plus tard, elle s’intéresse aux pratiques dites « historiques » et au jeu baroque, pour chercher d’autres articulations, d’autres phrasés. C’est à l’orée de la trentaine qu’elle enregistre Bach pour la première fois, chez Sony, avant d’y revenir en 2013 avec la 2ème Sonate pour violon seul, cette fois chez Deutsche Grammophon.

Lisa Batiashvili est mariée à un musicien français

Lisa Batiashvili partage volontiers la scène et le disque avec son mari, le hautboïste François Leleux. Ensemble, ils ont même commandé un double concerto à Giya Kancheli, un compositeur géorgien. Le couple réside en Allemagne avec ses deux enfants, Anna-Victoria et Louis-Alexandre, mais séjourne souvent à Paris. Lisa reste aussi très attachée à son pays natal où elle retourne régulièrement.

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En 2021, elle crée une fondation à son nom pour soutenir les jeunes musiciens géorgiens. L’année suivante, alors que la guerre fait rage en Ukraine contre l’invasion russe, elle récolte des fonds pour soutenir les musiciens ukrainiens et leur permettre de poursuivre leur activité musicale.

Sixtine de Gournay

 

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