Menaces nucléaires de Poutine : L’armée russe pourrait refuser son ordre, selon le général Yakovleff

Sergey Karpuhin/SPUTNIK/SIPA

Le général Michel Yakovleff, ancien membre de la Légion Etrangère et ancien haut-gradé à l’OTAN, estime que la déroute militaire attend une armée russe démoralisée. Invité de la matinale sur Radio Classique, il a aussi balayé les craintes d’une attaque nucléaire par la Russie.

Malgré la mobilisation de 300.000 Russes, le moral des troupes du Kremlin est au plus bas

La question du déclenchement d’une frappe nucléaire par Vladimir Poutine, en suspens depuis plusieurs semaines, est « vide de sens » selon le général Yakovleff. Pendant que plusieurs observateurs phosphorent sur le poids et le type de l’arme envisagée, il estime qu’une frappe nucléaire représenterait avant tout « un test de loyauté ultime adressé à sa chaîne militaire ». Si la décision revient entièrement au chef du Kremlin, son exécution engage beaucoup de gens. « Parmi ceux-là, beaucoup peuvent reculer par crainte de fin de l’histoire voire de fin de la planète », comme lors de la crise de Cuba en 1962, remarque-t-il. Vladimir Poutine « n’est pas suicidaire » et les autres partisans de la frappe nucléaire comme Ramzan Kadyrov, l’allié tchétchène du Kremlin, « n’y croient pas eux même », rassure le général.

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Jusqu’ici, tout soldat russe arrivait à concevoir un « alignement entre sa patrie et ce que lui demande le régime de Poutine », mais cet alignement est menacé, poursuit le général Yakovleff. La mobilisation partielle de 300.000 soldats fait intervenir des jeunes Russes démotivés par le conflit. « Aucun d’entre eux n’a envie de faire cette guerre et ils ne sont pas suicidaires », pointe-t-il. Les réseaux sociaux sont particulièrement agités en Russie depuis qu’un jeune rappeur s’est suicidé pour échapper à sa conscription. Or, le moral est plus déterminant sur le terrain que l’armement, d’après le général.

Kherson sera le « nouveau Stalingrad pour la Russie« , estime le général Yakovleff

C’est pourquoi « l’effondrement généralisé de l’armée russe est possible » d’après lui. Le gouvernement est tout autant condamné et ce n’est plus qu’une question de temps pour « ce régime fondé sur le spectacle de la puissance et non dans la réalité », affirme-t-il. Celui-ci se dissout de l’intérieur après avoir avalé « une dose d’ukrainium », note le général avec sarcasme.

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Sur le terrain, l’initiative est du côté des Ukrainiens, continue-t-il. L’invasion de février a bouleversé le pays et les évènements en cours constituent un « acte fondateur » du nationalisme pour le pays. Il ne sert à rien de trop s’attarder sur leur progression en termes de kilomètres carrés, « une logique d’agent immobilier très occidentale », mais il faut se baser sur le rapport de force, insiste-t-il. L’enjeu principal est la lutte dans le sud du pays selon lui, où le « prochain grand drame » de l’armée russe se jouera : « je pense que Kherson sera le nouveau Stalingrad [défaite capitale de l’Allemagne nazie face à l’URSS en 1943] pour la Russie ».

Clément Kasser

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