Madagascar : L’idée étonnante du président malgache Rajoelina pour attirer les touristes

INTERFOTO USA/SIPA

Le président malgache Andry Rajoelina s’est inspiré du film d’animation Madagascar pour tenter de redynamiser le tourisme dans la Grande Île. Un projet étonnant et peu réaliste pour des raisons biologiques.

Les girafes, les zèbres et les éléphants n’ont jamais existé à Madagascar

C’est Le Monde qui raconte cette initiative surprenante. Le film d’animation Madagascar, dont les 3 volets ont attiré plus de 12 millions de spectateurs en France a inspiré Andry Rajoelina, le président malgache. Puisque les aventures de Marty le zèbre, Gloria l’hippopotame et Melman la girafe ont fait le succès du film, pourquoi ne pas introduire des zèbres, des hippopotames, des girafes et même des éléphants sur l’île afin d’attirer les touristes ? Sur le papier, l’idée paraît intéressante mais dans la réalité, c’est beaucoup plus complexe. Le projet du président Rajoelina a peu de chances de se concrétiser, déjà pour des raisons biologiques. Un spécialiste de la faune locale cité par Le Monde indique notamment que « ces mammifères africains n’ont jamais existé à Madagascar, en dehors des hippopotames, mais qui ont eux disparu de l’île il y a environ un millier d’années ».

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Un universitaire allemand se pose aussi des questions sur la capacité qu’auraient ces espèces à s’adapter à l’environnement de l’île. « Je ne crois pas que les girafes survivraient », remarque-t-il. « Elles ont besoin de grands arbres qui font défaut sur les hauts plateaux malgaches. Et les zèbres pourraient ne pas trouver non plus de quoi se nourrir. Ici, il n’existe pas de mammifères de grande taille ». Surtout, il y a les règles strictes auxquelles est soumis le transfert des espèces menacées et notamment le fait que Madagascar n’appartient pas « à l’aire naturelle et historique de répartition de ces espèces en Afrique ». Les responsables de la Fédération des hôteliers et des restaurateurs, plus raisonnables et prosaïques, estiment qu’« une baisse de la TVA sur la restauration et l’ouverture de l’île à d’autres transporteurs aériens » seraient nettement plus efficace pour faire revenir les touristes.

Philippe Gault

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