Jean Gabin en guerre : FBI, changement de nom, séquelles… 4 aspects méconnus de la vie de l’acteur

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Ne supportant plus sa vie hollywoodienne, Jean Gabin traverse l’Atlantique avec une idée en tête : libérer son pays. Toute sa vie, il restera très discret sur cette période.

Ecoutez l’épisode des Grands dossiers de l’Histoire en intégralité :

 

1 – Réfugié à Hollywood, Jean Gabin tourne dans un film destiné à motiver les Américains

Lorsque Jean Gabin arrive en Californie en février 1941, il est déjà une grande vedette du cinéma. Des millions de Français ont vu ses films : Pépé le Moko, La Grande illusion, Quai des brumes, La Bête humaine… Installé avec Marlène Dietrich à Los Angeles, c’est une existence qui le ronge de l’intérieur. Il refuse d’être le joli cœur qui se promène sur les plages au moment où son pays est sous la botte allemande.

Il avait fait son service militaire à Lorient chez les fusiliers marins, et veut intégrer les forces navales. Sa candidature remonte en très haut lieu, mais le général de Gaulle refuse. Du moins, il lui demande de tourner un dernier film avant de partir faire la guerre : L’Imposteur, une histoire pensée pour inciter la jeunesse américaine à prendre les armes contre l’Axe. 

2 – Jean Gabin est surveillé par le FBI, soupçonné d’être favorable à Vichy

Le comédien comprend qu’on a mis sa ligne téléphonique sur écoute et que sa compagne, Marlène Dietrich, est soupçonnée d’être un agent au service des nazis. Le FBI se demande s’il n’est pas un espion vichyste.

Quand il apprend ça au début de l’année 1943, Gabin décide de quitter Beverly Hills et de s’installer à New York.

3 – Jean Gabin retrouve son nom de baptême, c’est Jean Moncorgé

Lorsqu’il s’engage dans les Forces Françaises Libres, il abandonne son nom de scène. Gabin est en réalité son deuxième prénom, hérité directement de son père qui en avait fait son nom de scène.

C’est donc Jean Moncorgé qui devient second maître à bord d’un navire ravitailleur en partance pour l’Afrique du Nord.

Quand un gradé ou un jeune marin s’avise de lui demander un autographe, il répond « ici, c’est Moncorgé. Gabin est resté à Hollywood. » Il se fait apprécier de ses camarades. Tous les jours, il le répète, « Je suis Moncorgé ici, il n’y a pas de Gabin. Il n’y a pas plus de Gabin que de beurre en broche ! »

4 – Les séquelles de Jean Gabin et l’explication des lunettes noires

Chef de char du Souffleur II, Jean Moncorgé est debout dans sa tourelle, avec le vent qui lui fouette le visage en continu, en janvier 1945, lors d’un hiver d’une dureté folle. Cet épisode lui provoquera des conjonctivites qui dureront dans le temps.

On le verra souvent, après la guerre, avec des lunettes noires. Loin d’être une affectation de star, c’était justement pour cacher ces conjonctivites contractées à l’époque.

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Un proche raconte : « Je me souviens que Jean souffrait énormément des yeux, bien qu’il portât des lunettes de tankiste, à se tenir sans cesse la tête à l’extérieur de la tourelle, à commander la marche de son char. Ses yeux prenaient la poussière de la route, subissaient les émanations des gaz des blindés qui le précédaient. Il se faisait soigner, mais il n’a jamais voulu quitter son poste. »

Franck Ferrand

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