Saint-Valentin : La rose, une fleur au bilan carbone désastreux

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Une grande tige, des pétales rouges soyeux et des pesticides. En ce lundi 14 février, nous nous intéressons à la fleur emblématique de la Saint Valentin : la rose, qui cache ses origines réelles et nombre de produits chimiques. Mais difficile pour les fleuristes de s’en passer malgré un bilan carbone désastreux.

Roses : Aucune loi n’impose aux fleuristes d’indiquer leur provenance

25 roses importées représentent l’équivalent d’un vol Paris-Londres. Un bilan carbone qui fait mal au cœur à Mélissa, fleuriste à Nantes : « on sera toujours obligé d’avoir des roses parce qu’il y a toujours des gens qui en veulent mais on aimerait en avoir de moins en moins. J’essaye toujours de convaincre les clients que ce n’est pas du tout la saison. En plus, ils vont payer cher pour des roses qui vont tenir moins longtemps que d’habitude au lieu de durer 2,5 semaines elles vont durer 1 semaine à 1,5 semaine ». Parce qu’elles viennent de loin, très loin même. Ici comme chez la majorité des fleuristes de France, les 3/4 des fleurs coupées ont été importées.

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Aucune loi n’impose aux vendeurs d’indiquer leur provenance. Alors quand les clients demandent, Claire esquive : « j’évite, je parle d’autres choses ». Les roses représentent la moitié des fleurs coupées vendues dans le monde. En France, elles sont pour la plupart issues de pays en voie de développement : Ethiopie, Kenya, Equateur, Colombie. Là où l’on utilise parfois des pesticides interdits en Europe. Quand ces roses arrivent aux frontières européennes il n’y a aucun contrôle car ce ne sont pas des produits alimentaires. Alors Claire a mis une ligne rouge : que ses roses soient issues de l’agriculture raisonnée. « C’est uniquement de la rose de l’Équateur. Mais je connais la productrice, elle garantit que les employés soient bien payés et qu’il n’y ait pas de pesticides » affirme-t-elle.

Toute la filière horticole est à reconstruire

Mais les infractions demeurent, admet Pascal Mutel, le vice-président de Val’Hor, l’interprofession de l’horticulture : « des labels existent déjà. Cependant, il faut que l’on travaille sur l’origine. Nous sensibilisons les fleuristes et nous sommes sensibilisés au fait de savoir d’où viennent les fleurs lorsqu’elles sont importées. Moi, je me suis déplacé. Je suis allé au Kenya, je suis allé en Éthiopie, je suis allé en Équateur, je suis allé au Costa Rica. Ça fait depuis le mois de septembre qu’on travaille un peu plus activement sur la possibilité d’indiquer l’origine. Mais ça ne peut pas se faire d’un claquement de doigts ». Il faut surtout reconstruire la production française et là, la tâche est immense : c’est toute une filière qui est à reconstruire.

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« Je n’ai pas encore eu l’occasion d’aller chercher les producteurs locaux mais c’est dans mes projets. Ça demande une énorme organisation et du temps dont je manque cruellement. Donc ce serait bien d’avoir quelqu’un qui coordonne tout cela et qui facilite les choses » confie Claire. Et c’est justement la mission que s’est donnée Hortense Harang, la cofondatrice de l’entreprise Fleurs d’ici : « Fleurs d’ici est un collectif de fleuristes et de producteurs. On a plusieurs milliers de partenaires partout en France pour reconstruire la filière de la production française puisque dans les années 70, il y avait 30 000 producteurs en France. Aujourd’hui, il en reste à peine 3 500. Le lien a été complètement rompu entre les producteurs et les fleuristes ». Il reste que les roses ne poussent pas en bio au mois de février contrairement aux anémones, renoncules ou mimosas. Sinon il faudra fêter la Saint-Valentine le 25 juillet !

Laurie-Anne Toulemont 

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