Jacques Chirac avait trouvé la formule-choc dès 2002, lors du IVe Sommet de la Terre, à Johannesburg : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». En l’occurrence, c’est la forêt qui brûle, la plus grande du monde, et même, ce qui est encore plus alarmant, la partie la plus humide du poumon végétal de la planète.
L’Amazonie est ravagée par une sècheresse historique, mais à force d’employer ce qualificatif, il se dévalorise et produit une désastreuse accoutumance. Pourtant, on atteint en ce moment la dimension d’un cataclysme : 13.500 foyers d’incendie ont été détectés entre janvier et juin 2024, soit le chiffre le plus élevé depuis 20 ans.
Parmi les zones le plus touchées, on compte le Pantanal, la plus grande zone humide de la planète qui regroupe une exceptionnelle biodiversité, et, à l’opposé hygrométrique, la savane du Cerrado. Aucun environnement n’est donc épargné.
L’action humaine est la première cause de ces incendies
La situation est d’autant plus effarante que le pic des incendies est habituellement atteint au second semestre, notamment en septembre, au cœur de la saison sèche. Dans la zone forestière si dense du Pantanal, qui se situe majoritairement dans l’Etat brésilien du Matogrosso, où l’état d’urgence a été proclamé, on a déploré plus de 3.500 départs de feu depuis le début de l’année. Les scientifiques expliquent cette augmentation alarmante par des sècheresses profondes et répétitives, la hausse globale des températures est un facteur qui contribue fortement aux incendies.
Le stress hydrique et la raréfaction des pluies rendent la végétation plus sèche et beaucoup plus sensible aux départs de feu. Mais les effets de la foudre ou de la réverbération ne sont sûrement pas les causes de déclenchement de la majorité des incendies de forêt : l’action humaine, liée à la déforestation est à prendre en compte en priorité. La technique ancestrale du brûlis pour l’extension des terres cultivables est une cause première.
Une politique de Lula qui va dans le bon sens
S’il est vrai que le président brésilien Lula a décidé de mettre fin à la déforestation illégale d’ici à 2030, phénomène qui fut suractivé par son prédécesseur irresponsable, Jair Bolsonaro, le ralentissement prend tout de même un certain temps. A supposer qu’il ne soit pas trop tard. La déforestation a encore représenté 1525 km² détruits entre le 1er janvier et le 21 juin 2024 ; c’est certes 42 % de moins que les 2.649 km² réduits en cendres lors du premier semestre 2023.
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L’an dernier, la déforestation avait été déjà réduite de moitié par rapport à 2022. Or il reste encore beaucoup de chemin à parcourir et une intense action préventive autant que répressive à mener. D’où le défi mondialisé qui est lancé à Lula : les records d’incendies de cette année n’ont pas été empêchés par une politique qui va pourtant dans le bon sens. Aucun chef d’Etat ne pourra y faire face seul, car ce défi est lancé à l’humanité toute entière. Un temps viendra où les questions de souverainetés nationales, dont on parle tant en ce moment, devront faire une place à la souveraineté planétaire.
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