Giorgia Meloni accueille, du 13 au 15 juin, les dirigeants du G7 en Italie. Elle est la deuxième grande victorieuse des élections européennes, ce qui ne l’empêche pas d’avoir de sérieux différends avec Marine Le Pen. Giorgia Meloni va-t-elle prendre la tête des droites dures en Europe ?
Une des leçons des élections européennes est de constater, avec humilité, que l’extrême-droite a changé de visage, ou, en tout cas, qu’elle a changé d’affichage. Incontestablement, la silhouette de Giorgia Meloni, Présidente du Conseil italien, émerge comme une licorne. D’abord parce qu’en obtenant 28 % des voix aux européennes, elle améliore son score des dernières législatives qui l’ont portée au pouvoir, en 2022, et elle confirme que sa formation politique, Fratelli d’Italia, est le premier parti d’Italie. Du coup, les deux autres partis qui appartiennent à la coalition gouvernementale ne seront pas incités à cherche des noises à Meloni. C’est plutôt rare – même le Hongrois Viktor Orban fait moins bien que la dernière fois.
Ensuite, et c’est très important, Giorgia Meloni s’impose à travers toute l’Europe comme le symbole du pont jeté entre la droite classique et la droite populiste. Enfin, le club des droites est appelé à s’élargir : les Pays-Bas, peut-être la Belgique, et, en octobre prochain possiblement l’Autriche, vont se doter de chefs de gouvernement conservateurs.
Giorgia Meloni s’est montrée constructive avec la Commission européenne
Mais Georgia Meloni n’est plus seule, elle va devoir composer avec Marine Le Pen et avec Ursula von der Leyen – ça va être intéressant à observer. Madame Meloni est ouverte à toutes les combinaisons possibles de la droite, pourvu que ses points fondamentaux soient défendus, à savoir la lutte contre l’immigration illégale, ou encore le pacte vert qui consiste à rendre l’UE climatiquement neutre en 2050. Moyennant quoi, elle s’est montrée jusqu’ici constructive avec la Commission européenne, ce qui lui a valu un label d’honorabilité et des relations cordiales avec Ursula von der Leyen.
Il en va assez différemment avec Marine Le Pen, justement au sujet d’Ursula von der Leyen. Cette dernière doit être reconduite à la tête de la Commission européenne en recevant d’abord l’aval des chefs d’Etat et de gouvernement européens, puis en étant élue par le Parlement européen de Strasbourg, où il lui faut rassembler 361 voix sur 720. Pour parvenir à cette deuxième condition, Madame von der Leyen, qui appartient au groupe de centre-droit PPP, dispose – en théorie – d’un nombre de voix suffisant. Mais, dans la pratique, son bilan a beaucoup agacé dans les rangs de la droite européenne. Il y a donc un suspense von der Leyen.
Marine Le Pen est moins conciliante avec l’UE que ne l’est Meloni
C’est pourquoi, si je résume, Ursula aura besoin d’un coup de pouce de Giorgia, ce à quoi s’oppose Marine. La Française est en effet beaucoup moins conciliante avec les autorités de Bruxelles que ne l’est l’Italienne. Giorgia contre Marine, qui aura le dessus? Difficile à dire. L’an dernier, lorsqu’un ministre français a comparé Giorgia Meloni à Marine Le Pen, la cheffe du gouvernement italienne a téléphoné à Emmanuel Macron pour se plaindre. C’est dire.
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Meloni dirige de facto le groupe de droite dure des Conservateurs et Réformistes européens (ECR) au sein du Parlement, tandis que Le Pen est une force motrice du groupe Identité et Démocratie (ID), plus ouvertement hostile à l’UE. Meloni cherche à maximiser l’influence italienne en Europe en collaborant avec les institutions de l’UE. Le Pen, en revanche, les combat car elle est déterminée à dynamiter « l’Europe de Macron », selon ses termes. Le match promet d’être animé.
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